‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 227 sur 249 · Glose au Senchus Môr, Ancient Laws, I, p · texte numérisé non relu

Glose au Senchus Môr, Ancient Laws, I, p

2. Ils s'intitulaient comharba de l'apôtre, en latin haeres Patricii. Cf. les quatre listes des successeurs de Patrick qu'a publiées J.-H. Todd, Saint Patrick, p. 174 ss.

3. Cf. Mac Carthv, The Tripartite Life of St. Patrick, dans Transactions ofthe Roy. JrishÀcad., XXIX, Part VI, Dublin, 1889.— Quant au Ltber Angueli, c'est une simple énuméralion des privilèges d'Armagh, soidisant révélés à Patrick par un ange. Publié dans Tripartite Life, II, p. 352 ss.

4. Tlrechân, p. 311, dernière ligne, et p. 312 : cor autem meum cogitât in me de Patricii dileclione, quia uideo desertores et archiclocos et milites Hibernia; quod odio habent paruchiam Patricii, quia substra.xerunt ab eo quod ipsius erat, limentque quoniam si quaereret hères Patricii paruchiam illius, potest pêne totam insolam sibi reddere in paruchiam, quia Deus dédit illi totam insolam per anguelum Domini (Cf. Liber Anfjueli], et legem Domini docuit illis (se. Patricius) et baptismo Dei bapUzauil illos, et crucem Christi indicauit, et resurrectionem

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la î''gcncio (le saint Patrick coïncide avec la reconnaissance d'Armagh comme métropole au vu" siècle.

Les vicissitudes de TEglise dlrlande rehaussèrent encore le prestige de Patrick. Pendant tout le vu* siècle cette Église dut soutenir une lutte très Apre contre le clergé romain pour son autonomie administrative et pour la défense de ses particularités liturgiques. Il s'en fallut de peu qu'un schisme ne séparât pour toujours l'Irlande du reste delà chrétienté'. Le clergé irlandais se groupa autour du

eius nuntiauit. Sed farailiam eius non dilegunt quod non licet iurare contra eum, et super eum, et de eo, et non lignum licet contra euni mitti (c'est-à-dire, un cartel, un défi. Cf. Tirechân, p. 320 : entre deux hommes qui se battent en duel est posé un lignum conteslationis) quia eius sunt omnes primitiuse ecclesise Iliberniaî, sed iuratur a se omne quod iuratur».

1. Cf. Lelièvre, L'Église celtique indépendante de Rome (Thèse) Cahors, 1899; William Hunf, The English Church frotn ils foundation lo the Norman conquesl, Londres, 1899. Le livre de J.-H. Todd, The Church of SI. Patrick, Londres, 1844, est encore utile malgré sa date déjà ancienne et bien que son auteur ait eu tendance à exagérer l'esprit d'indépendance de l'Église celtique, dans un sens qu'on pourrait appeler pro testant. — Les chrétiens bretons et irlandais sont toujours demeurés en communion avec le reste de l'tglise au point de vue des dogmes. Ce qui divisait les deux partis, c'était des traditions liturgiques, un mode différent de calculer la date de Pâques (cf. Mac Carthy, Introduction au vol. IV des Annals of Ulster; Haddan etStubbs, Councils and ecclesiastical documents relating to Great-Britain and Ireland, II, p. 115 et p. 292 s. ; Bède le Vénérable, Historia ecclesiastica gentis Anglorum, 1. II. c. 2) et une forme particulière de la tonsure des clercs celtiques (Haddan et Slnbbs, op. cit.. II, p. 114; Wasserschleben, Die irische Kanonensammlung, II» éd., 1883, 1. LU, cap. 6 et 7). Mais il s'agissait avant tout d'un conflit entre deux organisations cléricales, dont l'une, le clergé celtique, était habituée à l'indépendance, et l'autre, les missionnaires envoyés par Rome en Angleterre, avec saint Augustin de Cantorbéry, en 601, prétendait exercer la juridiction sur toutes les Iles Britanniques (cf. Bédc, 1. I, c 27). Saint .\ugustin et ses successeurs s'étant olïiciellement alliés aux conquérants Anglais et Saxons, le conllit en question devint tout de suite une affaire d'indépendance nationale pour les Bretons et les Irlandais. Rome n'avait ménagé ni ses bénédictions, ni son appui à tous les rois barbares, qui voulaient bien se convertir (Bède, 1. I, c. 32, c. 33, 11, c. 10, à c 14 ; cf. Lelièvre, p. 146 ; Hunt, chap. i et n). Or le clergé breton avait les conquérants en telle haine, qu'il ne voulait même pas leur prêcher l'Évangile, pour ne pas contribuer ainsi à leur salut (Hunt, p. 14). Aussi les tentatives de conciliation entre les deux partis échouèrent-elles (Bède, 1. II, c. 2j ; et bientôt on arriva à se considérer mutuellement comme schismatiques cl

culte de saint Patrick, dans 1 autorité duquel il voyait la sauvegarde de son indépendance, tandis que Rome se réclamait du même saint et de son union avérée avec les Eglises du continent'. Et lorsque l'Irlande se fut enfin soumise-, une des conditions fut la reconnaissance en bloc de tous les saints indigènes par la curie romaine, en premier lieu de saint Patrick ^

Enfin les invasions Scandinaves qui désolèrent longtemps l'Irlande et réussirent même t\ y fonder un empire éphémère, eurent pour résultat l'exaltation de saint Patrick. L'Eglise seule demeura debout sur les ruines du pouvoir politique. Elle devint le refuge des espérances nationales dans la lutte contre les barbares païens. Le patriotisme irlandais s'est confondu avec la Foi, et saint Patrick vit ainsi son culte fortifié de toute l'exaspération des vaincus*.

Saim Patrick est le héros national de l'Irlande. — Aussi saint Patrick est-il devenu le héros national suprême de l'Irlande.

impurs : Bède, 1. II, c. 4, et, du même, Vita Sancli Cuthberli, cap. 29; Haddan and Stubbs, loc. cit. et I, p. 126, p. 202 ; Wasserschleben, loc. eii.

1. Cf. lettre de saint Cummicin à Segene, abbé de lona, dans Migne, Palrologia Latina LXXXVII. p. 969 : « illum (cyclum) quem sanctus Patricius, papa noster tulit et fecit ».

2. On ne connaît pas toutes les étapes de la lutte. 11 dut y avoir pendant tout le vu* siècle des conciles auxquels diverses communautés déclaraient se conformer à la liturgie romaine : cf. Bury, op. cil , p. 239. Officiellement la tonsure à la mode romaine et la computation romaine de Pâques furent adoptées en Irlande en 697 au synode de Birr : Annals. of i'isler, s. a , mais le sud de l'Ile parait s'être soumis dès C34 envi~ron. lona conserva ses anciens usages jusqu'en 716 ou 717 : Haddarti et Stubbs, Councils. II, p. 114 s. — Mais l'autonomie de l't/glise irlan-^ daise subsiste jusqu'au xii* siècle. Ce ne fut qu'en 1152 qu'au concili> de Kells (ou de Mellifons), réuni sous la présidence du cardinal Paparo, légat du pape, les affaires de l'Église d'Irlande furent définitivement réglées suivant les désirs de Rome : Lclièvre, op. cil., p. 8.

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