‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 28 sur 249 · XXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXVI PREFACE

n'a le beau rôle'. Le fait n'est pas particulier h Tlrlande. Arthur, qui, h tnnt dV'gards, est un parfait héros, paraît l'ôlrc moins quand on le compare à son entourage. Il en est de même de Charlcmagne ou d'Agamemnon. Le véritable héros, en somme, n'est pas le roi, mais le champion du roi'. A cet égard, l'épopée est, croyons-nous, un miroir fidèle des institutions antiques. Les rois épiques, qu'elle subordonne à leurs auxiliaires dans l'échelle des valeurs héroïques, ont eu probablement pour modèles des rois réels, qui étaient quelque chose de plus ou de moins, mais en tout cas d'autre que les chefs qui sont devenus des héros. La tradition irlandaise a conservé quelques traits du caractère primitif du roi. « Il est responsable des récoltes, du croît et en général de la prospérité de ses sujets, nous dit M. Czarnowski. Quand les vaches n'ont pas de lait, que les fruits tombent avant de mûrir et que le blé est rare, c'est que le roi n'est pas légitime^ ». Rois du temps, des champs et des troupeaux, plus encore que des hommes, les rois irlandais appartiennent à la famiUe des rois-prêtres-dieux*. Mais ceux-ci n'élaient-ils pas par excellence aptes à devenir des héros ? n'élaient-ils pas déjà de leur vivant des héros? 11 semble paradoxal d'en douter. On a expliqué la notion de héros, dans le cas des héros celtiques en particulier, par celle de roi-dieu,

1. Mac CuUoch, The relirjion of the ancienl Celts, p. 142 sqq. Sur la rivalité de Finn et de Diarmaid, ibid., p. 140.

2. Greit rig, Fled Bricrend (Festin de Bricriu), 46, dans Windisch, Irische Texte, l, p. 276.

3. Czarnowski, p. 261 ; Mac Culloch, o. l. p. 160, sq; J. ODonovan, The Book of Righls, p. 8, note ; O'Grady, Silva Gadilica, II, p. 416 ; J.G. Frazer, Golden Bough*, t. I, p. 157.

4. J.G. Frazer, Lectures on the early hist07'y of kingship, 1905 ; A. B. Cook, The European sky-god, dans Folk-Lore, 1905 et 1906.

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