Cf. p. X
3. Hérodote, II. 50, écrit, je crois avec justesse : No[xi^ouTc ù'iL-/ AIyj~''.0'. ojo' T^pio7i o'joév. Cf. F. Sethe, Heroes and hero-gods, dans Hastingss Encyclopœdia, t. VI, p. 647 sqq ; A. Moret, Du caractère religieux de la royauté pharaonique, 1902.
PREFACE XXllII
définie. M. Ddikhoirn a exprime sous cette forme la relation socioloj^icjue des totems aux clans ' La relation des tuatha irlandaises et de leurs héros est semblable et doit s'exprimer de mùme. Nous avons touché là, croyonsnous, à ce qui fait runilé de l'espèce que constituent les héros. Ce sont leurs caractères de symboles sociaux qui rapprochent les saints, morts, chefs, dieux sacriiiés, civilisateurs, intermédiaires divins et autres personnages auxquels on est tenté de donner le nom de héros. Môme dissociés, les héros conservent ces caractères, tant qu'il leur reste si peu que ce soit de physionomie. Les héros enfin prêtent aux personnes morales que sont les clans, tribus, nations, classes et confréries une personnalité réelle.
Mais cette fonction, qui consiste à représenter l'être diffus et multiple des collectivités humaines par l'unité d'un individu, n'est pas nécessairement dévolue aux seuls héros, s'agit -il même des sociétés politico- domestiques. Elle l'a été normalement, chez plusieurs peuples, à une catégorie d'êtres dont l'état civil est uniquement constitué par leur relation avec ce dont ils intègrent l'essence spirituelle, fortunes, génies, dieux spéciaux -. Si cette fonction est bien celle du héros, elle ne suffît donc pas à le définir. Aussi riches de caractéristiques que les génies en sont pauvres, les héros la remplissent avec excellence, mais ils la dépas- .sent.
On a comparé plus haut les héros aux chefs; c'est
1. E. Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse, 1912, p. toS sqq.. IJol'sqq.
2. R. Diissaud. Introduction à l'Histoire des Religions, 1914 : dieux de groupe, p. 71 sqq. A Negrioli, Dei Genii pressa i Romani, 1900, p. 20 ; Cf. Année sociologique, t. V, p. 269.
CZARNOWSKI. c