‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 32 sur 249 · XXXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PREFACE

dire que leurs personnes peuvent se distinguer entre toutes par leur importance e' leur autonomie. Ce sont bien personnes réelles, mois d'une réalité particulière, tantôt individuelle, tantôt typique, mais toujours concrète et proche. Personnes proches et, de plus, familières, les héros se distintj^uenlen cela des dieux, qui sont également des personnes réelles, importantes et autonomes. Les héros sont des personnages avec qui Ion prend paifois des familiarités. L'Hercule bon enfant, joyeux vivant et grand buveur, qui s'installe chez Admète, pendant qu'Alceste s'en va, réclamée par la mort, est conforme à son caractère de héros. C'est l'ami de la maison. La légende héroï-comique est la suite naturelle et presque nécessaire de la légende héroïque. Le plus ancien des romans dominés par la personnalité d'Arthur, l'histoire de Kwlhwch et d'Olwen, comprise dans les Mabinogion, est une sorte de i)arodie'. Les héros prêtent à la charge par l'excès même de leur valeur, par la trop grande énergie dont ils afflrmenl leur vertu et déploient la force, par le trop de mouvement qu'ils se donnant à mettre en déroule les méchants et secourir les leurs. Tendus en attitudes violentes, mais expressives, qui sont les gestes types de l'activité simphfiée que commande leur rôle, leurs détentes peuvent être des chutes, comiques, quand elles ne sont pas tragiques. Les héros, d'ailleurs, ont souvent de l'humeur, mauvaise ou bonne. Ceux de l'Irlande sont parmi les moins cérémonieux. Avec les Tuatha dé Danann, qui sont, comme on l'a dit, des dieux héroïsés, ils se sont perpétués sous les traits des fées, mystérieuses et Iragiles, bien-

1. Les Mabinogion, trad. J. Loth, 2» éd. t. I. p. 115 sqq. Sur l'antiquité de ce roman, cf. Ibid. introduction, p. 13, ±1, 35, 41, 63. Sur le caractère comique que peuvent prendre les histoires de héros, cf. K. Breysig, o. L, p. 13.

Page 1