‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 40 sur 249 · XI.VI PREFACE · texte numérisé non relu

XI.VI PREFACE

que le mvtho d'un dieu sacrifié y ait apporté quelque élément. Ainsi le héros Gombabos, dont on racontait à Hiérapolis le niarlyrc volontaire, est un avatar du dieu poisson sacrifié. Mais, bien que son marlyre, selon le Pseudo- Lucien, ait servi d'exemple aux Galles, qui se consacraient chaque année au service de la déesse*, il n'a pas avec le rituel celte relation essentielle et cette union parfaite que présentaient dans un sacrifice de dieu la représentation et l'action ; quant au sacrifice dont celte hisloire procède, il n'est plus pour elle qu'un thème de narration. Mais on a pu et l'on peut encore assimiler par figure la mort des héros au sacrifice. G'est une figure qui exprime bien la valeur religieuse de leur légende, qu'il s'agisse du mérite acquis par les héros et de l'exemple qu'ils donnent, ou des bienfaits sociaux qui émanent d'eux. Le sang versé par les martyrs a été comparé au sang sacrificiel" et cependant leur mort, à laquelle on a pu reconnaître la valeur sacramenlaire du baptême ou de l'ordination, n'a pas reçu celle du sacrifice. M. Gzarnowski, en se représentant comme une sorte d'initiation l'acquisition des mérites héroïques, se donne le droit de comparer la mort qui l'achève à un sacrifice, à un sacrifice sans doute qui épuiserait au bénéfice du sacrifiant tous ses effets utiles. D'ailleurs le sacrifice de soi pour le bien de tous est un exercice de vertu, où l'idéal héroïque trouve l'expression la plus parfaite de son énergie. Mais c'est toujours un sacrifice unique et celui qui se sacrifie n'y succombe pas en victime; il se dévoue en héros. Le sacrifice du héros,

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