‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 49 sur 249 · LVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

LVIII PRÉFACE

Quand on parle de iùlc, on parle 6 la fois de temps et do rituel ; le temps est consacré ; le rituel est public et positif. Un rituel de fête est plus complexe, plus solennel, plus important ou plus particulier qu'un rituel quotidien, il intéresse et réunit plus de fidèles, occupe j)lus d'acteurs.

Les exécutants des actes religieux dans la fête sont en effet des acteurs et leurs acoh'tes également, ou même leur l'assistance. On peut en dire autant sans doute de toute cérémonie religieuse; mais Taccoutumance journalière rapproche des gestes normaux, de la conscience laïque et individuelle les rites qui ne sont pas publics ou se pratiquent trop souvent. Ils se passent sur la scène oîi se passe la vie ; dans le for intéritur, en tant qu'ils l'affectent, les sentiments qu'ils font vibrer sont devenus familiers. La fête perd sa vertu dès qu'elle devient banale. Tant qu'elle n'est pas demi-désuète, le caractère exceptionnel des actes et des représentations y est vivement senti. Ce sont des actes, des représentations et des sentiments de fête, qui n'ont rien de libre, de spontané, malgré l'apparence, de personnel, mais que meut une sorte d'automatisme collectif. Les gestes s'enchaînent en rôles. Il }- en a pour les protagonistes et pour le chœur entier de la foule en fête.

Ces rôles ne sont pas seulement l'exaltation de la personne quotidienne, montant d'un ou de plusieurs degrés dans la hiérarchie des valeurs religieuses. Ils sont représentation et symbole ^ Ils représentent tout ce que la fête

1. A. Oc\r\cV., WellermachenundNeujàhrsmondim y orden, dans Zei<schrif'l des Vereinsfilr Volkskunde, 1910, p. 57 sqq. (personnage responsable et représentatiO-

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