‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 54 sur 249 · PREFACE LXV · texte numérisé non relu

PREFACE LXV

tiit'lles. Le héros est un geste qui s'est fait une fois et s'est fixé comme symbole.

La ligne de j)arlage entre les deux espèces est donc théoriquement très nette. Dans la pratique elle l'est moins. Les fôtes présentent de subtiles combinaisons de représentation réelle et de commémoration. Les fêtes chrétiennes, par exemple, commémorent les faits de la vie du Christ et réalisent sa présence dans un sacrifice qui renouvelle indéfiniment sa passion, ou bien réunissent la célébration de la messe à la commémoration des saints. Il y a toujours une part de commémoration dans les fêtes et par conséquent une place de héros. Mais la commémoration pure ne contente pas les fidèles des héros. Ils éprouvent le besoin de les rapprocher d'eux pour leur rendre de la réalité et de rafraîchir, pour ainsi dire, leur idéal héroïque ; ils le rajeunissent en général en le changeante Par ce procédé tout à fait analogue à celui qui a fait remplacer des héros anciens par de plus récents, des dieux ont été transformés en héros; pour vivifier la notion de leur présence et de leur réalité, on les a humanisés et rajeunis. Les dieux des fêtes tendent au type du héros; mais les héros ne s'écartent jamais tout à fait des dieux. On peut dire que le type du héros convient par excellence aux dieux des fêtes. Le plan de la vie humaine et celui des activités divines se rencontrent dans les fêtes; les héros se trouvent à Tintersection, représentants de l'un, instruments des autres, symboles divins des sociétés. Ainsi les fêtes donnent lieu à la formation de personnages qui, réunissant le divin et l'humain, sont des héros. D'autre part, une fois la notion de héros

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