‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 56 sur 249 · Exemple : L. R. FarnoII, o. !.. t. y, p · texte numérisé non relu

Exemple : L. R. FarnoII, o. !.. t. y, p

lAVIlI Pnh'lFACE

L'Iiéroïsalion so produit ou cours iVuu processus, qui s'achève avec le développement du drame. Il commence en religion et se termine en esthétique. Dans cette évolution de la représentation dramatique et de la fête, le héros, être religieux, s'est donc lapproché, jusqu'.^ le rejoindre, du héros littéraire. Ce n'est pas dire qu'ils fussent identiques dès l'origine, que le premier ne fût pas solidement implanté dans la pratique religieuse, ni même qu'il soit complètement ou rapidement sorti de la religion. Pour pratique que soit la religion, la représentation pure y a sa place et elle est grande. Laisser en dehors de la religion le mythe, quand il n'est pas uniquement employé à nourrir la piété et à donner un sens au rite, nous paraît non seulement rétrécir la religion, mais l'appauvrir. Un insatiable besoin de réalité, mais aussi un irrépressible besoin de fantaisie la mènent. Tous deux d'ailleurs se contentent t\ bon marché; mais, en reli-, gion, comme dans l'ensemble de la vie humaine, l'imagination devance l'activité positive et finit par lui donner des objets.

La religion ne se passe pas d'imagination, mais l'imaginanation qui la sert est religieuse. L'exemple des héros est précisément fait pour montrer que, quand la repré.sentation s'est émancipée, le mythe garde assez de valeur pratique pour suppléer à ce que l'appui du rite ne lui donne plus. En se déliant de tout rapport direct et spécial avec certains rites, certaines fêtes, certaines notions et certains besoins religieux, la représentation du héros ne perd pas d'un seul coup toute espèce de sens, de contre-partie sentimentale et morale. Elle n'est jamais un simple jeu d'imagination, dénué d'intérêt et de portée pourceux qui s'y livrent.

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