PREFACE LXIX
Imogc lumineuse qui surgit d'obscures réncxioiis, clic est un [uMe (rjvHi'iicliun pour les pensées floUanlcs elles scnliments confus ; elle est aussi un principe d'action ^ On peut dire des héros, comme des saints, que leur vie est édifiante, édilicalrice de valeurs qui ne sont pas les mômes, mais que les religions n'ont pas dédaignées. Le spectacle de leurs faits et gestes donne des exemj)les efficaces d'énergie, de courage, de bon cœur, môme de bonne liumcur et de gaillardise. La fête à laquelle les fidèles prennent part est une source de bienfaits moraux, parmi lesquels il faut compter, au minimum, le réconfort et la distraction-.
Symboles divins des sociétés, acteurs idéaux de leur histoire, modèles de mérite, exemples de veitu, types moraux et caractères, les héros ont passé par échelons du héros de la religion à celui de la littérature, dans l'évolution du drame et de l'épopée qui procèdent des fêles. Tous les héros, à quelque degré que ce soit, étant des symboles et des types, aident les hommes et les groupes d'hommes à prendre conscience d'eux-mêmes. A chaque échelon, leur représentation garde toujours une sorte de valeur pratique, dont la religiosité ne varie et ne s'atténue qu'insensiblement. On ne saurait marquer le point où elle s'abolit tout à fait. Dans l'étude des héros, comme dans celle des fêtes, la part de la religion et celle de l'esthétique ne peuvent à aucun moment être exactement dosées.
M;iis, dans la mesure où il tend vers le héros historique et surtout vers le héros de roman, le héros s'éloigne
1. H. Jacoiii. dans Uostings. o. i. p. Go'J, du sentiment de bhakti appliqué au héros, W. Wundt, Vôlkerpsychologie, t. IV, p. 65 sqq.
2. E. Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse, p. 537 sqq.