LXX PRÉFACE
du dieu. Ils se spécialisent chacun dans leur sens et se font chacun leur domaine. Au dieu, les forces cosmiques ; au héros, l'ingéniosité, la valeur et la misère humaine. Us diffèrent comme le mythe et la légende. L'un se dirige vers la métaphysique; l'autre penche vers l'histoire et le conte. Nous sommes jiortés à croire que c'est un penchant de nature. Nous ne connaissons en effet l'histoire des héros que par des drames, des épopées ou des récits qui sont des résumés d'épopées ou des di*ames en puissance. Cette affinité des héros avec la littérature s'explique, s'il est vrai que les fêtes, qui ont fait appel à ses essais informes, réunissent les conditions dans lesquelles a pu se former la notion de héros et se déterminer ses caractères, si tout au moins son développement est en étroite relation avec elles. Mais nous ne saurions dire que tous les héros procèdent des fêtes. Nous croyons seulement que les héros des fêtes sont les plus vivants, les {)lus colorés, les plus populaires et les plus typiques, que les fêtes constituent des circonstances éminemment favorables à leur représentation et que l'exemple fourni par les fêles est celui qui explique le mieux comment les sociétés se sont pourvues de héros. C'est dans les fêtes, où elles se concentrent, qu'elles peuvent se donner la plus complète représentation d'elles-mêmes sous les esf)èces de leurs emblèmes'. Le rôle que tiennent [)ar exemple les totems dans les fêtes des sociétés australiennes a été naturellement dévolu aux héros par les sociétés qui peuvent se reconnaître en eux.
1. Par exemple les fêtes de métiers : yaKxs.la. L.-R. Farnell, o. /.,t. V, p. 378. Sur la concentration de la vie sociale irlandaise aux fôtes, cf. O'Gurry, Manners and Customs, t. II, p. 44; t. III, p. ai'2 eq.