‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 59 sur 249 · PREFACE I.XXI · texte numérisé non relu

PREFACE I.XXI

.Nous avons dit quolle place la tragédie grecque faisait à des scènes funéraires. Pourquoi d'ailleui's l'imagination des hommes s'est-ello complue à se rcpiésenler la mort des héros? I>e leui- existence dramatique c'est toujours le principal épisode. Le fait se comprendrait si, par une nécessité de nature, le héros devait figurer comme victime dans un sacrifice réel ou idéal. Les héros du drame saisonnier, que Ton a supposé à l'origine de la tragédie, meurent parce que ce qu'ils symbolisent soud're ou disparaît ; leurs triomphes sont temporaires et, en fait, les héros des fêtes saisonnières triomphent moins qu'ils ne pâtissent'. Mais, si l'héroisation est indépendante de tout rituel dont un incident puisse être représenté par la mort du héros, pourquoi donc le héros meurt-il? Les héros qui n'ont pas vécu meurent à l'image de ceux qui sont morts, parce qu'ils revêtent leur condition humaine. Sans doute. Mais ils pourraient mourir sans bruit et passer. Non pas. Leur moit, fiitelle tranquille, n'est jamais banale. Elle a toujours quelque chose de singulier, de surprenant, de tragique ou d'édifiant qui attire l'allenlion. Souvent elle a le caractère d'une épreuve. On nous dit que les héros devaient passer à l'épreuve. Mais pourquoi fallait-il qu'ils y succombassent ?

La motl du héros est un élément de sa définition. En Grèce, son sanctuaire est un tombeau ; son culte, un culte

1. La comparaison du coucher du soleil à la mort a fait traiter le fliiMi Solaire en héros : J. Hliys, Cellic healhendom, p. 383 sqq., The siin hero. Cf. W. Wundt, Vôlkerpsychologie, t. IV, p. 51.

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