LXXIV PREFACE
pii'inior examen, le mort paraît èlre lorigii)ai du .'icros, le iDOil ou rancèlre. Telle est, seniblc-t-il la réponse des faits à la question que nous posions.
Il y a mopis et morts. Les héros sont des morts d'une nature particulière qui les sauve de l'oubli où tombent les autres moris. Ce sont des morts qui ne meurent pas. Partout les morts s'éloignent des vivants en troupes d'ombres pâles et anonymes'. Même là où la croyance à la vie future est la mieux assurée, là mémoire des générations passées s'efface vite. La rude personnalité des héros épiques se détache en traits violents sur ce fond terne. Ce n'est pas le souvenir d'une énergie éteinte qui s'attache à leur nom, mais une image toujours présente et toujours rafraîchie. Quand le héros est représenté sur le plan des autres morts, le contraste qui heurte sa faiblesse de mort à son éminenle dignité de héros est choquant et pathétique. «Comme j'aimerais mieux, dit Achille, travailler la terre aux gages d'autrui, chez un pauvre paysan, à la huche mal garnie, que de régner ici, comme Hades, sur les morts ^ » Achille ne sait rien des siens et ne peut rien pour eux. A la vérité, les hommes ont demandé aux héros les mêmes services qu'aux autres morts, quand ceux-ci ne sont pas encore oubliés. Les morts, qui tiennent aux deux mondes, sacré et profane, sont en position den rendre; c'est la contre-partie des soins religieux dont ils sont ^objet^ Ils ont des vues