‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 62 sur 249 · Oracle de héros : E. Bohde, o. l., t. I, 189 sqq · texte numérisé non relu

Oracle de héros : E. Bohde, o. l., t. I, 189 sqq

PBÉPACE LXXV

sur rau-del;\; on les consulte. Ce sont des forces désintégrées, disponibles, mais non pas indépendantes, dont les vivants peuvent conli-ôier l'application, s'ils ont le moyen de s'en saisir. Mais on a lomarqué que les héros, à ce point de vue, n'excelleni pas parmi les morts et ne justifient pas le culte exceptionnel qui leur est rendu*. S'ils l'emportent sur les autres, ce n'est pas par leur pouvoir, mais par l'appel plus fivquent qui y a été fait; c'est par le souvenir qui s'attache à eux et les désigne aux solliciteurs.

Le souvenir même de leur vie terrestre est le plus clair de leur veitu. C'est parce qu'ils ont servi les leurs de leur vivant qu'ils ne cessent de leur pièler l'aide la plus efficace. La puissance bienfaisante qui leur reste est celle de leur mythe. Us ont une force d'exemple et de réconfort, et l'on pense moins à la condition et aux dons surhumains de leur âme immortelle que l'on ne se rappelle leurs gestes de vivants. Quand les ombres de ses compagnons achéens eurent épuisé le peu de vie qu'elles avaient retrouvé au sang du sacrifice. Ulysse vit défiler d'autres ombres^, celles de héros plus anciens; Minos, un sceptre à la main, jugeait les morts; Orion chassait encore sur la plaine d'asphodèle les bêtes qu'il avait tuées; Tilyos, Tantale, Sisyphe, dans leur attitude consacrée, se détachent sur le fond d'oubli en bas-rchefs; l'ombre d'Hercule tire de l'arc^ ; mais Hercule lui-môme n'est pas là, vivant en liesse avec les dieux immortels, soustrait à la mort ou réellement divinisé.

Mais il y a d'autres héros, dont on a attendu des secours

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