‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 64 sur 249 · A. Null-K. Meyer, The voyage of Bran, 189b, 2 vol · texte numérisé non relu

A. Null-K. Meyer, The voyage of Bran, 189b, 2 vol

u. Fr. Pfislcr, Der Rel'"{uienkult im Allertum, 1, 1909, cf. Année sociologique, t. XII, p. 247.

PRIiFACE LXXVU

luivl y [)cn\; celui des autres morts y gag-no. Ce sont évidemment des morts puissants, mais en vertu de leur vie, par la ténacité de celle-ci' et non pas parce qu'ils possèdent d'éminenles qualités de morts. 11 est fort exact que les héros sont des morts, mais c'est ce qui les différencie des morts qui en fait des héros. Ce n'est pas la mort qui les liéroïse. La considération qui s'attache au héros ne procède pas de celle qui a pu entourer de craintes, de respects et de soins les âmes immortelles des hommes, quels qu'ils soient.

On lit dans VYnglinga Saga que, le dieu Frey, qui régnait sur la Suède, étant mort, sa famille le cacha dans un lumulus construit en manière d'habitation et dissimula sa mort aux Suédois jusqu'à ce que ceux-ci fussent rassurés ^ ir les conséquences de sa disparition par une continuité (le bonnes récoltes ■.

Ce récit donne l'exacte mesure de ce que valait un liéros mort. Les héros sont de ces personnages dont on ne peut pas croire qu'ils meurent ou dont la mort, n'étant jamais escomptée, est une éternelle surprise, éternellement léplorée. Les heureux^ les puissants et les forts sont naturellement l'objet de pareils sentiments. La croyance à l'immortalité de l'Ame triche avec la mort, par laquelle sont inopinément brisées des vies, qui devraient continuer. L'immortalité des chefs a précédé celle du commune Yoilà pourquoi les héros vivants ou immortels surnagent entre les morts.

Page 1