‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 69 sur 249 · LXXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXXXIV PRÉFACE

distinguent des autres morts ' ? Nous avons en effet admis que les sociétés à base de parenté sont fav 'iblcs au développement des cultes héroïques. Les ancéti^j font aisément figure de héros. Mais réciproquement des familles se sont arrogé par libre choix comme ancêtres des héros disponibles. C'est ainsi qu'un grand nombre de familles grecques faisaient remonter leur origine à Héraklès^, par désir de s'illustrer sans doule ; sans doute aussi pour a^oir oublié leurs ancôlres véritables, car, là même où le culte des ancêtres est pratiqué, il ne réussit à sauver la mémoire que des plus prochaines générations. On a indiqué plus haut que les principaux d'entre les héros n'avaient avec leurs associés humains qu'une parenté de médiocre aloi. Ce sont d'ailleurs ceux des groupes les plus larges, où la paternité de l'ancêtre ne peut être qu'une paternité symbolique. Placés en tête des généalogies dont les branches moyennes sont tombées, les héros s'y dressent comme des figures emblématiques. C'est moins par le sang que par les armes qu'il sont les chefs de la parenté". Le héros ancêtre d'une famille ou d'un clan est celui dont ils tiennent leur blason. Tel Magennis, ancêtre de Conall Cernach, l'un des compagnons de Cuchulainn. C'était de lui que venait l'insigne de la main rouge, qui s'est perpétué. Dans une course, qui avait pour prix l'attribution d'un territoire disputé par deux tribus rivales, Magennis, près d'être battu, s'était coupé une main et de l'autre l'avait jetée au but*.

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