PREFACE LXXXV
La qualité de héros domine celle d'ancêtre, chez les personnages qui les possèdent toutes les deux, comme leur condition de iiéros domine leur condition de mort. Elles étaient au surplus parfaitement distinctes'. On pourra dire que l'une procède de l'autre, mais laquelle? Bien loin qu'il soit évident que le culte des héros dérive du culte funéraire ou du culte ancestral, il est vraisemblable qu'ils soient lun et l'autre une extension du culte des héros ^
La nature des héros s'exprime dans l'ensemble de leur légende. Si la mort y ajoute quelque chose de capital, c'est par ses circonstances. Chaque fois qu'elles sont rapportées, elles sont en effet telles, qu'elles rehaussent la légende. M. Czarnowski le dit très exactement : la mort des héros a une portée sociale ^ Elle apparaît comme un sacrifice ou comme une sanction, comme un exemple; elle est violente, rituelle, exceptionnelle, magnifique. Si la mort entre pour sa quote part dans la représentation des héros, elle ne contribue à les qualifier qu'à la condition d'être une mort de héros. Pour conclure ce débat, nous ne croyons pas que la notion de héros résulte de l'adjonction d'un déterminatif à la notion de mort, mais que la mort est un adjectif aux autres éléments de cette notion.
1. Platon, Lois, 717 a, distingue cinq catégories d'êtres, auxquels se rendent des honneurs divins, dans l'ordre suivant : dieux olympiens dieux chlhoniens, démons, héros, dieu.x anceslraux, (Oeo( TraToaioî).
i. J.-K. llarrison, Prolegomena. p. SriO sqq. Cf. L. H. Gray, dans Hastings. 0 /., t. VI, p. 66i, sur l'évolution d'un culte de héros en culte des fravasliis.