‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 7 sur 249 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

ces lanj^ues ; c'est le cas de l'hébreu ', du latin - et celui de rirlandais, aussi bien que du gallois ^ On y recourt aux adjectifs pour qualifier des personnages, qui sont forts, violents, batailleurs, illustres, pour décrire leurs magnifiques, mémorables et bieiifaisaules brutalités, mais sans les sé{)arer par un terme spécifique des hommes ou des dieux. Certes, nous avons lieu de croire que la notion que nous exprimons par le mot héros a été fort répandue ; mais elle n'a pas été partout distincte, homogène et compacte. Elle n'est pas de celles qui se passent de définition, ni qu'on risque d'obscurcir à les définir.

Il s'agit, sauf exception, de personnages qui, au moins dans l'opinion des hommes, ont vécu et sont morts, hommes d'un passé proche ou lointain, réel ou légendaire ; démons

1. Gibbor. fort, violent, désigne le guerrier, le soldat, aussi bien que le héros et la force divine ; 'azzouz, qui signifie fort, s'emploie comme nom collectif pour désigner les héros, Is. 43, 17 ; shalish, pourrait à la rigueur passer par une expression spécifique, mais s'applique spécialement au.x hommes de choix qui entourent le roi. Rois II, 7, 2 ; dans l'emploi (le l'expression 'abir Israël, qui ne se dit que de Jahve, Gen. 49, 24, apparaît quelque chose du sens que nous allons définir.

2. Les héros latins sont les viri illustres de l'histoire ancienne ; l'empire, avec la religion impériale en a formé un nouveau ban. — Le culte impérial est associé à celui des Lares. C'est une question de savoir si le culte des Lares procède du culte des morts et des ancêtres (Wissowa, Religion und Kullus der Rumer, p. 148, 159) ; il ne paraît pas qu'elle soit susceptible de solution. 11 n'y a donc pas à rechercher si les Lares sont comparables aux héros ; toutefois, ils ont des fonction s qui, ailleurs, sont dévolues aux héros. — L'emploi de divus dans le protocole religieux des empereurs est une nuance qui correspond peut-être à une distinction, par le langage, des dieux et des héros.

3. V.n irlandais, l'un des mots les plus usités est laech (de laicus), laech fjaile, héros de vaillance ; cm;-, caur, est un vieux mot (cf. •/-jp'.oç) ; gaiscedach, gaisceack viennent de gaisced, valeur guerrière ; greit, champion, désignait le saint, le champion divin, cf. Félire Oengusso, éd. Stokes, passim ; err, s'applique spécialement au guerrier qui combat sur le char à côté du cocher. On peut se demander si nia, gén. niad, héros, et nia, neveu, sont un seul et même mot. — En gallois, deior est un emprunt à l'anglo-saxon deor, cf. J. Loth, Revue celtique, L X.\X11, p. ±^±'i, J. Vendryes, ibid., p. 476; arvcr, gxrron, gwrol.ldyd désigneût la prééminence, la vaillance.

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