‹ Le culte des héros et ses conditions socialesChapitre 72 sur 249 · Czarnowf-ki, p · texte numérisé non relu

Czarnowf-ki, p

l'RKFACE LXXXVII

(l'Hercule se limitent à douze et qu'il meure. On ne compte pas les catastrophes héroïques. Roland succombe, Siegiried est trahi, Jeanne d'Arc est condamnée, les dieux d'Irlande, qui sont dcs> héros, sont écrasés et s'enfuient sous terre dans la paix de leur crépuscule.

Le pathétique relève l'intérêt des mythes héroïques. Mais surtout, il faut au héros la pitié, la sympathie, le retour sur soi-même que fait faire au public l'émotion rétrospective de douleurs dont il eût j)u être affecté. Lorsque l'histoire toui-ne trop bien, son héros nous reste étranger, il ne nous touche pas; il n'est pas assez près de nous et n'est pas assez réel.

La continuité du succès est un élément d'un merveilleux, qui n'est pas le merveilleux héroïque, mais, par exemple, celui des contes. Le conte doit finir bien. Le mythe héroïque finit mal. M. Wundt a écrit avec beaucoup de justesse que le héros du conte est un enfant, auquel s'ouvrent sans limite le monde et les aventures'. Le hér^os véritable est un homme, qui se heurte aux limites de son pouvoir et du pouvoir humain.

La continuité des triomphes moraux, que remportent les saints, conslitire l'une des difîérences qui les séparent des héros. M. Czarnowski l'a notée justement". Ce sont les héros de la religion, mais ce ne sont pas sauf exception, comme saint Patrick, des héros par excellence. Trop parfaits ou Iroj) heur'eux, ils ne passent pas par d'assez dangereuses épreuves et leur impassibilité est trop inébranlable pour qu'ils .soient aussi près du cœur des hommes que les héros.

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