Cf. à ce sujet Lucius, op. cit., livre I : i"> partie
est elle aussi un passage, une préparation, un degré de perfeclionncment.
Ainsi certains héros ont été enlevés par les dieux comme Héraclès. D'autres ont eiïectué des voyages en Autre- Monde comme Orphée, Bran, fils de Febal, ou bien ils ont vu des pays dont les traits sont ceux d'un pays divin, comme le jardin des Hespérides, la Colchide que les Argonautes et Héraclès ont visités.
La barrière infranchissable qui sépare le monde des esprits du monde des hommes peut être encore levée par voie d'initiation, et, en effet, les premiers initiés sont vénérés comme iiéros. Quelquefois l'acte héroïque consiste à enfreindre ouvertement les interdictions rituelles, quitte à encourir les sanctions de ce crime. Mais le groupe profite de l'impiété du héros, grâce aux mystères qu'il a dévoilés. Tel est par exemple le cas de Prométhée.
Un t^pe de héros qui se rapproche des initiés est l'ascète et le moine chrétien. Ils sont glorifiés avant leur mort et considérés comme saints. C'est que par leur genre de vie ils se sont séparés du monde profane *. Ils réalisent le Royaume de Dieu sur terre.
On a vu de même des saints dans les chrétiens qui ont été désignés pour le martyre, mais auxquels la mort a été épargnée. Ils sont des hommes que Dieu a marqués d'avance comme élus".
En général la dignité héroïque appartient aux hommes qui, d'une manière ou d'une autre, sont revêtus d'un caractère sacré. Ainsi les rois de Sparte deviennent de plein droit des héros après leur mort % et les mandarins chinois
i. Lucius, p. 396 ss. : les docteurs de l'Église tracent un parallèle entre l'ascétisme et le martyre. Cf. p. 402 s. et p. 41.