PREFACE IX
indénnimcnl étendues. En parlant de héros on a parlé du Christ et du Bouddha, des prophètes, et surtout des saints. C'est même le premier titre de saint Patrick à entrer ici en concurrence. Une notion aussi distendue peut finir par ne plus rien comprendre et il importe d'en resserrer étroitement les limites.
C'est du côté des dieux qu'elles sont le plus difficiles à fixer, tant les degrés sont nombreux et la progression insensible dans le monde spirituel et divin que l'humanité s'est superposé.
Au milieu du temple d'Hiérapolis en Syrie il y avait trois images divines : Tune représentait une déesse ; l'autre, la figure assez falote d'un très grand dieu ; de la troisième, l'auteur du De Dea Syria, dont le langage a des nuances, ne nous dit pas expressément qu'elle figurât un dieu *. Les deux premières recevaient à proprement parler un culte; la troisième figurait dans le culte et servait aux rites. Mieux pourvu de mythes et de légendes que ses associés ce personnage ressemblait à Atlis, à Adonis ; aux visiteurs du temple, curieux de connaître son nom, on parlait de Dionysos, de Sémiramis ; même sa personnalité divine
Leipzig, 1009, ch. m, Das Zeitalter der Helden und Gôller: id., Vôlkerpsychologie, II, (IV*) Mytlius und Relif/iort, Tier-Ahnen-iaid DâmonenkuU, ch. V, der Salwmylhus. Chez M. Breysig, il ne s'agit pas expressément de héros, mais de sauveurs et de civilisateurs. Nimporte! C'est au passage des civilisations du Nouveau-Monde aux civilisations anciennes de l'Asie et de l'Europe, qu'il se donne ample carrière. Jahve, par exemple, est rattaché (p. 65 sqq.) à la famille des Heillringer par des traits de nature mi-animale et mi-héroïque. M. Mauss, dans son compte rendu de Y Année Sociologique, t. X, p. 317 sqq., a indiqué de quel point de vue nous jugeons ce travail, que nous ne pouvons utiliser beaucoup, ni discuter longuement. Nous attachons un tout autre intérêt aux opinions du philosophe qu'est M. Wundt ; j'y reviendrai plus loin. Mais si respectable que nous paraisse son œuvre, nous y trouvons plus d'opinions que d'acquis. Voir M. Mauss, Année Sociologique, t. XI, p. 52 sqq. 1. Lucien, De Dea iiyria, 32.