CHAPITRE PREMIER
LA STATUAIRE
Quand, après avoir reconstitué la physionomie synthétique du dieu Adonis et de ses fêtes, l’historien, délaissant les textes, cherche à rassembler et à coordonner les vestiges d’un mouvement religieux aussi vaste, aussi intense, aussi durable, il se trouve en présence d’un phénomène quelque peu déconcertant. De ce culte d’Adôn-Tammouz, qui s’est répandu jusqu’aux extrémités du monde antique, qui a façonné tant de civilisations, qui s’est mêlé à tant de mouvements ethniques, historiques et sociaux, il ne reste plus que des traces si rares et si incertaines, que des vestiges si dispersés et si mutilés, qu’on dirait vraiment que le temps s’est particulièrement acharné à en effacer le souvenir.
Mais il suffit de rétablir par la pensée les circonstances de lieux et d’époques au milieu desquelles s’est développé ce culte, pour comprendre que cette absence de monuments et d’images, dans les contrées même où la suprématie d’ Adonis s’est établie sans conteste, n’est due qu'à une situation historique spéciale. De