LES MONUMENTS DU CULTE D ADONIS
Babylone à Byblos, les étapes des peuples et des religions ne sont marquées aujourd'hui que par des ruines informes, parmi lesquelles émergent encore quelques bas-reliefs, où les rois de Chaldée et d’Assyrie se sont plu à éterniser leurs triomphes de conquérants, mais qui restent muets s ir les conceptions théologiques, les cultes et les formes religieuses de ces diverses contrées. Seules, la Phénicie et la Grèce ont gardé des indications plus précises et plus utiles.
Adonis dut avoir en Phénicie, et particulièrement dans la Phénicie septentrionale, dans les gorges du Liban et dans la plaine fertile de la Cœlé-Syrie, de nombreux et riches sanctuaires, où on l’adorait en même temps qu’Astoreth. Mais il ne reste aujourd’hui de ces temples ni une ruine ni un vestige. La tradition rapporte que Kinyras, père d'Adônis, avait construit, dans les îles et sur les rives de la mer, plusieurs temples en l’honneur de son fils. Parmi eux, le plus célèbre était celui de Byblos, dont une reproduction nous a été conservée sur une monnaie giblite d'une date relativement récente*. Ce temple, qui passait dans l’antiquité pour un monument remarquable autant par ses dimensions que par son luxe, a disparu sans doute dès les premiers siècles chrétiens, et d’une façon si absolue que ce n’est que par une étude topographique très attentive et très minutieuse que Renan a pu en établir l’emplacement probable1 2.
D’autre part, indépendamment de ces temples, l’art phénicien, pour des raisons cent fois expliquées, est
1. Frappée sous Macrin. Eu voir une reproduction dans Renan, Mission de Phénicie, p. 177.