Die Grœber den Hellenen, tab. LXI
LA STATUAIRE
Vénus. Mais clans le bas-relief, également de terre cuite, sur lequel M. Roulez' a vu aussi Adonis et \ énus accompagnés de l’Amour, M. de Witte, qui croit distinguer la peau de lion, reconnaît Hercule embrassant une de ses amantes, soit Augé, soit Iole, soit même Omphale \ »
C’est en effet cette ressemblance de divers mythes grecs qui rend douteuse l’authenticité d’un grand nombre de statues, de groupes, d’images de toutes sortes, où on a cru reconnaître Adonis. Représenté le plus souvent en compagnie d’Aphrodite, il se confond aisément avec Hélène et Paris, Vénus et Anchise, et toutes les reproductions de divinités et de héros accouplés. Une multitude d’images de ce genre ont donné lieu à de longues controverses, chaque critique y distinguant une divinité différente. Mous ne pouvons relater ici que celles dont l’opinion unanime des savants a consacré l’authenticité et où il a été reconnu, sans conteste possible, une image d’Adônis ; mais, à côté de ce petit nombre, beaucoup d’autres présentent, avec le caractère, la légende et le culte du dieu, mille affinités, mille rapports. 11 semble bien d’ailleurs qu’il faille admettre, avec M. Raoul Rochette, qu’en outre des statues de cire et de terre cuite, faites à l’occasion des cérémonies et brisées ensuite, Adonis a du être le sujet de toute une plastique spéciale, et le groupe mutilé de l’Adonion d’Alexandrie, dû au ciseau de Praxitèle, montre que des statues d’Adônis ont été faites aux plus belles époques de l’art grec.
1. Bulletin de l’Académie royale de Bruxelles , tome VIII, partie 2, p. 537.
2. Creuzer, Reliyions de l’antiquité , trad. Guigniaut. Note de Guigniaut, tome II, 3° partie, p. 930.
LES MONUMENTS DU CUI.TE n’ADÔNIS
Toutefois, comme les statues religieuses étaient destinées la plupart du temps à l’ornementation des temples, et qu’Adônis, en raison de son caractère étranger, n’avait en Grèce aucun temple qui lui fût spécialement consacré, il est vraisemblable aussi que ces images de marbre ou de métal furent moins nombreuses que celles de la plupart des autres dieux. Aussi n'est-ce pas là qu’il faut chercher les indications précieuses que peuvent fournir les représentations figurées. Nous trouverons une source plus féconde de documents historiques et mythologiques dans les inscriptions, les bas-reliefs, les vases, les peintures, les monuments funéraires. C’est là véritablement la réalisation d’art dans laquelle les artistes de l’antiquité se sont plu à représenter Adonis. Ce dieu est devenu rapidement le sujet préféré des bas-reliefs funéraires : tout un cycle artistique est né de sa légende, et c’est dans cette succession de monuments divers que nous le verrons s’épanouir dans le domaine de l’art, avec ses attributs, ses attitudes, les vicissitudes de son mythe, et ses multiples symboles.