‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 109 sur 138 · Plaute, M'-n^rhmes, I, 2. vers · texte numérisé non relu

Plaute, M'-n^rhmes, I, 2. vers

déesses au sujet d’Adônis. Aphrodite, à genoux, tient Erôs dans ses bras, et supplie Zeus, qui est assis au milieu, et derrière lequel sont debout Hermès, et, tenant à la main une flûte, la muse Calliope, qui, selon certaines traditions, aurait prononcé la sentence1 2. Le second tableau représente Adonis couché sur un lit funèbre, au pied duquel se tient Hécate, portant une torche dans chaque main. A droite, au chevet du lit, Proserpine tient une branche de myrte, et près d’elle est Aphrodite voilée’. Au-dessous de ces deux tableaux, un troisième représente six Muses ou Nymphes. Sur l’autre côté du vase, on voit Adonis, dans une sorte d’apothéose, entouré d’une foule de femmes qui célèbrent sa résurrection.

On retrouve les mêmes scènes, avec quelques variantes, sur un autre vase, de la collection Amati. Le nom d’Adônis s’y trouve écrit auprès du jeune homme étendu sur le lit.

Sur un vase du musée de Garlsruhe, on voit Aphrodite elle-même préparant avec Erôs les fêtes d’Adônis, et lui présentant un de ces « jardins d’Adônis » qui ornaient les cérémonies. A droite et à gauche, se tiennent deux Heures ou Saisons. M. Creuzer qui, le premier, a pénétré le vrai sens de ce tableau, en donne le commentaire suivant: « Si nous donnons aux deux femmes debout et

1. M. de Witte, dont l’opinion à ce sujet diffère quelque peu de l'opinion commune, voit, dans les personnages de ce premier tableau, Démêter tenant un flambeau, Ganymède, Hermès, Pitho assise, Aphrodite, tenant Érôs dans ses bras, à genoux devant Zeus assis.

2. Dans ce second tableau, M. de Witte voit, dans le personnage d’Aphrodite voilée, une Parque accompagnant Proserpine qui tient la branche lustrale.

LES MONUMENTS U U CULTE d’aDÔNIS

priant, qui se voient à droite et à gauche de Vénus et de l'Amour, les noms des deux Heures ou Saisons, Thallo, celle qui fleurit, et Carpo, celle qui produit les fruits, ces noms seront dans un rapport intime avec le mythe d’Adônis. Ce sont elles, en effet, qui, au temps marqué, ramènent Adonis sur la terre, le reconduisent aux enfers. Peut-être, en ce moment même, avec une crainte respectueuse, annoncent-elles à Aphrodite la mission qu’elles viennent d’accomplir, d’après les décrets de Jupiter. La nouvelle de la blessure d’Adônis avait surpris Vénus dans son sommeil; et, sans prendre le temps de se vêtir, les pieds nus, elle s'était précipitée à la recherche de son amant. C’est dans ce désordre et dans cette nudité presque complète que la montre notre peinture, quoique le riche diadème qui pare sa tète signale la déesse, comme les pommes d’or dont il est décoré caractérisent la fête d’Adônis. Nous savons que ce dieu, chez les Grecs, avait été fréquemment mis sur la scène ; nous savons combien de peintures de vases ont été exécutées d’après les représentations scéniques ; la plupart des poètes dramatiques, auteurs des pièces dont Adonis était le héros, vivaient à une époque où ses fêtes étaient souvent célébrées par leshétères. On dut y rechercher plus d’une fois les contrastes dont nous venons de voir un exemple. Des figures d’Amours, entre autres, avaient place dans les tentes de feuillage dressées pour la fête funèbre d’Adônis ; et d’ailleurs Erôs, d’après la tradition mythique, comme sur les peintures des vases, est un médiateur nécessaire entre Vénus et Adonis. Il ne pouvait donc manquer dans la scène de notre tableau. Une grande coupe, remplie des fruits les plus beaux, est déjà prête,

aussi bien qu’un vase à gros ventre, où des plantes et des semences diverses ont visiblement germé. Un vase semblable, avec un jardin d’Adônis, est reçu par l’Amour des mains de sa mère, qui vient peut-être de cueillir, au toit de feuillage d’en haut, une partie des fleurs cpie l’on voit. La scène entière offrirait donc aux yeux les apprêts de la fête d’Adônis; elle aurait un caractère érotique en même temps que sépulcral, si bien que l'on pourrait lui appliquer les paroles suivantes d’un vers de Goethe : « Les » païens savaient répandre une parure de vie sur les sar- » cophages et les urnes1. »

Les miroirs étrusques nous offrent aussi diverses images d'Adônis, et non des moins intéressantes. Sur le revers d'un de ces miroirs, qui est à Paris, au Cabinet des Médailles, on voit Adonis, sous la figure d’un enfant ailé et nu, semblable à Erôs, avec lequel il serait aisé de le confondre, si on ne lisait au-dessus de lui son nom, écrit Atunis. Il prend une colombe des mains d'Aphrodite, audessus de laquelle on lit le nom Tiphanati. C’est d’ailleurs généralement sous ce nom d 'Atunis que le dieu est désigné sur les miroirs étrusques : on le voit, sur un autre de ces miroirs, tenant entre ses bras la déesse, qui porte ici le nom de Turan.

Un des miroirs les plus connus du Musée Grégorien du Vatican 2 représente, suivant l'opinion de M. de Witte, Adonis, désigné sous son nom phénicien de Thammouz, écrit ici Thamu. De chaque côté de lui se tiennent Euturpa (Vénus), vers laquelle il tourne la tête comme pour lui

1. Creuzer, Relirj.de !’ antiquité (t rad. Guigniaut). Creuzer, cité dans une note de Guigniaut, tome II, p. 936-937.

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