Movers, Die Phônizicr , tome Ier, c. vu
LA LÉGENDE d’aDÔNIS
de Pygmalîon, né du Pugm phénicien, de Zeus et de Dionysos Zagreus, venus de Crète, d’Européia, d’Helléetde Perseus, héros de fables syro-phéniciennes. Le jour où ces divinités, transformées par l'esprit populaire et par les poètes de la Grèce, revenaient aborder sur les rives qui les avaient vues naître, elles apparaissaient vraiment comme des formes nouvelles dont les origines et la filiation demeuraient indécises. Certains traits primitifs ne pouvaient cependant s’effacer tout à fait, et les analogies que les écrivains et les philosophes grecs, depuis Hérodote jusqu’à l’auteur du De Dea Syria , retrouvaient entre leurs divinités nationales et les dieux de la Syro-Phénicie, n’étaient pas imaginaires. Mais ils aboutissaient à croire à l’antériorité des dieux grecs, dont les divinités asiatiques n’étaient, à leurs yeux, que des reproductions plus ou moins fidèles.
Soumis à cette évolution laborieuse, Adonis reparaît sur les rivages phéniciens avec des traits nouveaux : on reconstitue alors la légende primitive, on l’applique, rajeunie et transformée, aux pays où elle était née, et dès lors s’établit la tradition qui est parvenue jusqu’à nous et qui nous représente Adonis, fils d’un roi de Cypre, aimé d’une déesse et mourant dans les forêts du Liban, en teignant de son sang le fleuve qui, depuis, a gardé le nom divin. C’est sous ce dernier nom d 'Aclônis que les Grecs l’ont toujours connu, transformant ainsi la dénomination générale d ’Aclôn en un nom particulier, et le dieu toutpuissant des peuples syriens en un jeune et gracieux héros, qui n’est plus qu’une image eflacée et lointaine de Thammouz.
La légende d’Adônis nous est révélée pour la première
LE CULTE d’aDÔNIS-THAMMOUZ
fois par un poète grec du cinquième siècle, Panyasis \ D'après son récit, Adonis était le (ils d'une princesse d’Assyrie, Myrrha ou Smyrna, à laquelle Aphrodite avait inspiré un ardent amour pour son père Théias. Elle profila de l’ivresse de celui-ci pour s’offrir à lui, au milieu de l’obscurité, où Théias, ne pouvant reconnaître sa fille, s'unit à elle et la rendit mère. Mais, revenu à la raison et ayant eu la révélation de son inceste involontaire, il fut pris d'une colère violente et s’élança sur sa fille, l’épée à la main. Myrrha s’enfuit et supplia les dieux, qui seuls étaient la cause de sa faute, de la dérober à la vue et à la vengeance de son père. Sa prière fut exaucée : elle fut subitement métamorphosée en l'arbre (pii, depuis, a gardé son nom1. Neuf mois plus tard, l’arbre s’ouvrit pour donner naissance à un enfant d’une merveilleuse beauté, qui fut Adonis. Aphrodite le recueillit et l’enferma dans un coffret qu’elle confia à Proserpine. La déesse des enfers ouvrit le coffret, et séduite par la beauté de l’enfant, refusa de le rendre. Zeus, choisi comme arbitre entre les deux déesses, décida qu’Adônis appartiendrait à Aphrodite pendant quatre mois de l’année, pendant quatre autres mois à Proserpine, et qu’il disposerait lui-même des quatre derniers mois. Adonis donna ces quatre derniers mois à Aphrodite et passa ainsi huit mois avec Aphrodite et quatre avec Proserpine.