‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 12 sur 138 · Apollodore, III, 14, 4. — Panyasis, fragment · texte numérisé non relu

Apollodore, III, 14, 4. — Panyasis, fragment

2. Cet arbre était, dans l’Orient antique, consacré au Soleil. I.e mythe d’ Adonis était en effet, comme nous le verrons plus loin, un mythe essentiellement solaire; et il faut rappeler à ce sujet, avec Dupuis ( Origine des Cultes, tome III, 2' partie, p. 906), le rôle que joua la myrrhe dans l’adoration des Mages, à la naissance du Christ, qui est, lui aussi, une image solaire.

LA QUERELLE DES DEESSES Peinture d’un vase du musée de Naples

LA LÉGENDE d’aDÔNIS

C’est là une première légende d’Adônis, où la signification calendaire et solaire du mythe transparaît aisément. Il en est une autre, quelque peu différente, et qui semble avoir été plus populaire. Les détails y sont d’ailleurs plus abondants et le sens mythique du récit s’y voile davantage. C’est celle qu’Ovide nous a transmise1 2. L’action passe d’Assyrie en Cypre. Kinyras, roi de Cypre, par un amour incestueux, a de sa fille Myrrha un fils nommé Adonis. L’enfant, d’une beauté extraordinaire, est élevé par les nymphes, et à peine adolescent, devient l’amant d’Aphrodite . Un jour, le jeune dieu part à la chasse dans les forêts du Liban, malgré les supplications de la déesse, qui pressent un dénouement fatal. En effet, un sanglier, envoyé par Arès, jaloux d’Adônis, blesse le chasseur à la cuisse. A l’annonce de cette nouvelle, la déesse remplit les forêts de ses gémissements, elle accourt, étend son amant sur un lit de laitues, mais ne peut, malgré ses soins, conjurer la mort. Du sang d’Adônis mourant naissent des anémones *, le fleuve Adonis se rougit de ce sang divin, et, dès lors, dans cette contrée montagneuse, le culte du jeune dieu s’établit et se propage.

Telle est, dans ses lignes essentielles, la légende populaire. Le Baal phénicien y disparaît sous le jeune dieu d’une mythologie plus récente. Les peuples syriens, sans doute, n’avaient pas orné de tant de détails et de tant de poésie l’histoire symbolique de leur dieu. U n’était alors que la forme religieuse sous laquelle se cachait la crainte

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