LES MONUMENTS DU CULTE D ADONIS
sanglier se retire dans son antre en écrasant du pied le chien du chasseur ; enfin, à gauche, Adonis mourant dans
LA CHASSE ET LA MOUT D’ADONIS Sarcophage en marbre (Louvre)
les bras de la déesse, entouré de femmes et de jeunes gens qui s’empressent pour le secourir.
Un sarcophage du Musée de Latran présente à peu près le même tableau. Voici la description qu’en donne Helbig : « A gauche, on voit Adonis quittant Vénus (Aphrodite) et partant pour la chasse fatale. La déesse est assise; un Amour, debout derrière elle sur le dossier du siège, arrange les boucles de sa chevelure ; hantée de sombres pressentiments, elle essaie de retenir le jeune homme qui veut s’éloigner. Un second Amour, debout à côté de Vénus, jette sur le couple un regard inquiet; comme Thanatos, il appuie ses bras sur une torche renversée ; cette attitude indique sans doute que la mort va bientôt séparer les deux amants. Logiquement après ce premier motif devrait venir la scène de la chasse. Mais le sculpteur a représenté ici Adonis blessé et soigné; il pouvait ainsi grouper au milieu du bas-relief Adonis et Vénus, auxquels il a donné les traits des deux époux, dont les corps reposaient dans ce sarcophage. Adonis
LES MONUNENTS FUNERAIRES
blessé à la cuisse droite et Vénus sont assis l’un à côté de l’autre : le jeune homme entoure de son bras gauche le cou de la déesse et tient sa jambe blessée au-dessus d’un bassin. Un serviteur ou un médecin éponge la blessure, tandis qu’un Amour agenouillé par terre essuie le sang qui coule le long du mollet. Vient ensuite la scène de la chasse. Adonis est tombé sur le genou droit devant le sanglier qui est sorti furieux d’une caverne. Un Amour qui vole au-dessus du chasseur lève la main droite comme pour effrayer l’animal. Vénus, épouvantée, s’approche de son favori en danger. A droite, au fond, on voit le dieu de la montagne qui lève la main droite avec un o-este d’étonnement '. »
Ces monuments funéraires, tombeaux, bas-reliefs et sarcophages, forment comme l’aboutissant et le dernier terme de la plastique inspirée par le mythe d Adonis. C’est à ces œuvres d’un caractère spécial et d’une expression nettement définie que viennent aboutir les rêves et les tendances des artistes. Après le dieu symbolique des productions de la terre, le jeune héros mort à la chasse apparaît seul. Et c’est pour s’unir à sa mémoire que les patriciens de Rome se plaisent à en évoquer l’image dans les sculptures de leurs tombeaux, image à la fois douloureuse par sa nature même et réconfortante par 1 idée de résurrection et de revie qu elle laisse transparaître.
De tous les ordres de monuments que nous a légués l’art ancien, on peut en réalité dire que le mythe d’Adônis n’est demeuré étranger à aucun. Vases, peintures, sculptures de toutes sortes, statues, bas-reliefs, tout a servi à