‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 121 sur 138 · Etijmol. Mayn., p · texte numérisé non relu

Etijmol. Mayn., p

APPENDICE II

dont le symbole est le bœuf de labour, et qui parcourt Byblos sur un char attelé de bœufs, est condamné à manger la nourriture des porcs. Il n’y a qu’une seule manière d’expliquer comment on est arrivé à donner pour symbole à Mars un animal aussi immonde : c’est que Mars est le principe du mal et de la ruine. On peut rapprocher les raisons données pour expliquer l’horreur qu’inspire le porc — qu’il mange ses petits, nuit aux fruits de la terre, s’accouple lorsque la lune décroît — de la conception mythique de Mars, à qui on sacrifie des enfants, qui, par son feu, nuit aux fruits de la terre, et qui se trouve aux côtés de la lune, la méchante déesse, à la décroissance du jour. La crainte respectueuse qu’inspiraient les divinités du mal empêchait qu’on parlât mal du dieu au Grec étranger, ou bien celui-ci ne répétait pas ce qui lui avait été raconté, soit parce qu’il y croyait à peine, soit parce qu'il craignait d’être raillé par ceux qui n’y ajoutaientpas foi, ou de donner une fausse idée de la divinité (Hérodote n’aurait jamais parlé de Mars dieu-porc !). C’est ainsi qu’on peut s’expliquer la forme ancienne du mythe grec, où Adonis était tué, non par Mars, mais par un sanglier. De même que, dans les temps reculés, on n’aimait pas à parler, en Égypte, du meurtre d’Osiris par Typhon’, et qu’on se taisait, par une crainte pieuse, sur le triste culte des Cabires, à Samothrace, de même, en Phénicie et dans Pile de Cypre, on désignait comme le meurtrier d’Adônis, non le dieu lui-même, mais, par euphémisme, son symbole, le sanglier. Les physiciens plus modernes, qui ont dépouillé la religion populaire

Page 1