‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 17 sur 138 · Bion, Idylle /, v · texte numérisé non relu

Bion, Idylle /, v

LE CULTE D A.DÔN1S-THAMMOUZ

côté, donne à Adonis le même qualificatif d 'Assyrien : « Ne m’a-t-il pas fait descendre, tantôt sur le mont Ida pour Anchise d’Ilion, tantôt sur le Liban, vers ce jeune Assyrien qu'il a rendu également aimable aux yeux de Proserpine, si bien qu’il m’a ravi la moitié de mes amours 1 2 ? » . Il est probable, en tous cas, qu’Adônis venait déjà d’une contrée plus orientale. Mais, lié aux autres cultes babyloniens, il a été considéré par les Phéniciens comme originaire de cette région. Macrobe l’affirme *. Guigniaut rapporte, à l’appui de cette affirmation, le très curieux récit, conservé dans les livres Sabéens, « d'un prêtre des idoles, appelé Thammus, que son roi mit à mort parce qu’il lui prêchait l’adoration des planètes et du zodiaque, et qui, la nuit suivante, fut pleuré par tous les dieux de la terre, réunis dans le temple du Soleil, à Babylone3 ». Fautil voir là une des versions originelles du mythe d’Adônis- Thammouz? Il est probable, en effet, que, même au milieu des divinités assyriennes, ce culte a subi une évolution analogue à celle qu’il subira plus tard dans le bassin méditerranéen, et que les Assyriens eux-mêmes ont cherché à le rattacher à une légende nationale. Aussi l’identifie-t-on fort rapidement avec le Soleil lui-même, comme l’indiquent ces lamentations divines sur le prêtre Thammus qui ont lieu dans le temple du Soleil. Thainmouz devient vite un symbole solaire, et c’est avec cette physionomie définitive qu’il se répand vers l’Occident.

1. Lucien, Dialogues des Dieux, XI. Voir aussi Apollodore, III, 14, 4. A consulter le Dictionnaire de Jacobi.

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