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LE CULTE d'aDÔNIS-THAMMOUZ
devint, vers cette époque, une ville toute religieuse, et la région du Liban située au-dessus joua le rôle d'une vraie Terre Sainte où l’on venait de toutes parts en pèlerinage. Les traces de ce curieux mouvement, dernier effort du paganisme, qui a déterminé la forme sous laquelle l’idolâtrie se présenta à l’imagination des auteurs chrétiens et même du moyen âge, sont fort nombreuses. Chaque sommet du Liban était couronné d'un temple dont les débris, portant avec évidence la marque d’une destruction violente et poussée jusqu’à la minutie, se voient encore. L’avènement du christianisme fut marqué en Syrie par de nom' breitses destructions de temples. Le Liban exerçait sur les imaginations un grand charme. Ces montagnes, par un rare privilège, réunissent à un haut degré la majesté et la grâce : ce sont des Alpes riantes, fleuries, parfumées. Les temples qui les couronnaient contribuaient à leur beauté; un paganisme très dangereux et très difficile à déraciner s’y défendait à outrance. Déjà, dans les écrits des anciens prophètes hébreux, on trouve à chaque page l’horreur des cultes qui se pratiquaient sur les « hauts lieux » et sous les « arbres verts ». Le Liban se présentait à l’imagination des Chrétiens comme le dernier refuge des crimes d’Athalie et de Jézabel; on le découronna systématiquement. Détruire les temples passa pour une œuvre des plus méritoires; nous voyons les moines d’Antioche et plusieurs pieux personnages, saint Maron, par exemple, se donner à cet égard une sorte de mission et courir le pays en destructeurs1. »
On comprend dès lors avec quelle force s’était implanté