Renan, Mission de Phénicie, p
L EXODE DU CULTE
dans cette région le culte d’Adônis. A chaque pas, on y rencontre encore quelque souvenir, quelque débris de temple, quelque inscription, quelque tombeau du dieu. Un temple, célèbre dans tout le monde antique, s’élevait près de la source du fleuve Adonis ' . C’est à propos de ce temple que Sainte-Croix rapporte un détail intéressant, emprunté à Sozomène 1 2 3 4 : « Ce temple, dit-il, était voisin de la rivière nommée Adonis, et il était célèbre par une merveille qui s’opérait dans ses environs. A un certain jour de l’année, après quelques invocations, un feu, semblable à une étoile, paraissait se précipiter du haut du mont Liban dans les eaux de l’Adônis. Ce météore, disait-on, n’était autre chose que Vénus-Uranie ellemèmeî.» Ce qui, d’ailleurs, avait contribué puissamment à faire de cette contrée une terre sainte, vénérée de toutes les nations anciennes, c’était ce fleuve Adonis, qui se jetait dans la mer à quelque distance au sud de Byblos et dont les flots, par un phénomène singulier, devenaient d’un rouge brun à une certaine époque de l’année : on disait alors que le sang d’Adônis blessé rougissait les eaux du fleuve, et ce miracle annuel, régulièrement reproduit, amenait à Byblos un extraordinaire concours de peuple ‘. A plus d’une journée de marche de Byblos, en se