‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 29 sur 138 · Théocrite, Idylles, I, v. 1U5-1U · texte numérisé non relu

Théocrite, Idylles, I, v. 1U5-1U

LE CULTE d’aDONIS-THAMMOUZ

même caractère et la même signification. Entre la Baalath phénicienne et Cybèle, la déesse amoureuse d’Atys, il n’y a point de différence bien profonde. Toutes deux ont la même physionomie à la fois mystérieuse et ardente; le même sentiment les anime, la même conception les révèle1 2 * .

Vers le Sud, le mythe d’Adônis ne tarda pas à se heurter au culte d'Osiris et d'Isis. Cette rencontre et l’espèce de fusion qui s’ensuivit eurent lieu sans doute à une époque fort ancienne ; mais déjà à ce moment le culte d’Osiris avait atteint sa forme définitive et s’y était fixé depuis longtemps. C’est donc naturellement le culte adonique, encore informe et malléable, qui se modifia à ce contact, et cette action fut si marquée, si profonde, qu’on put croire, quelques siècles après, que l’Adonis de Byblos était une importation égyptienne4. (1 serait d’ailleurs superflu d’insister longuement sur les analogies qui existent entre les deux légendes et les deux mythes. Osiris, tué traîtreusement par Typhon, est enfermé dans un coffre que les conjurés jettent dans le Nil. Après une longue navigation, le coffre aborde sur la côte phénicienne, près de Byblos. Pendant ce temps, l’inconsolable Isis court à travers le monde, à la recherche de son époux mort, et retrouve enfin le coffre sacré dans le palais de Byblos. La douleur fait alors place à la

1. Sur l’identification d’Adônis et d’Atys, voir Maury, Religions de la Grèce antique, tome III, p. 205-207.

2. D’une façon plus générale, au III' siècle de l’ère chrétienne, les

dogmes de la religion phénicienne passaient pour avoir une origine égyptienne. C’est cette opinion, assurément très répandue alors,

qu’exprime Jamblique (De Pythagov. Vita, 14).

L EXODE DU CULTE

joie: l'Osiris retrouvé anime de nouveau le monde de sa force vivifiante. On voit déjà quel rôle important joue Byblos dans cette légende d’Osiris. Il était donc naturel qu’on en vint à considérer l'Adonis mort dans les forêts du Liban, pleuré par une déesse et ressuscité par ces larmes divines, comme une forme phénicienne de l’antique dieu égyptien. Cette confusion était d’ailleurs rendue plus inévitable encore parla conception symbolique des deux divinités, qui les identifiait tout à fait. Toutes deux, force et lumière du monde, principe de la vie et de la fécondité, succombent sous l’action de l'été torride et desséchant, puis renaissent à l’automne avec une nouvelle vigueur. Les déesses parèdres suivent naturellement ici les destinées des deux dieux. De même qu’Adônis s’identifie à Osiris, Astoreth s’identifie à Isis. Le témoignage le plus saisissant en est certainement cette stèle du roi Yehawmelek, que nous signalions plus haut, où l’on voit la déesse de Byblos , « Baalath Gebal », avec la coiffure, le costume, les attributs et l’attitude d’une Isis-Hathor.

D’après Etienne de Byzance, c’était Osiris que les habitants d’Amathonte adoraient sous le nom d’Adônis1 2. Suidas rapporte, d’après Damascius, que les Alexandrins identifiaient Osiris et Adonis1. D’autre part, l'auteur du De Deci Syria apporte ce témoignage formel : « Quelques habitants de Byblos prétendent que l’Osiris égyptien est

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