‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 31 sur 138 · De Dea Si/na · texte numérisé non relu

De Dea Si/na

LE CULTE d’aDÔNIS-THAMMOUZ

vanes, à travers les montagnes et les déserts, mais rayonne, par une action simultanée, dans toutes les directions maritimes, il suffit de songer à cette navigation phénicienne, qui, dès le début de l’histoire, sillonne la Méditerranée, peuple les îles et les côtes de mille influences diverses, et installe dans chaque comptoir l’image et le culte des dieux auxquels elle avait remis ses destinées. Les Phéniciens emportaient avec eux, sculptées grossièrement à la proue de leurs navires, les divinités dont ils invoquaient la protection pour leurs voyages. C’étaient le plus souvent le dieu El, de Byblos, c’est-à-dire Adonis, et le dieu Melkarth, deTyr, dont les courses aventureuses restaient légendaires parmi les Phéniciens : « Ils explorèrent à la longue la Méditerranée entière, et ils en sortirent ; mais l'histoire de leurs capitaines a péri, et nous en sommes réduits aux conjectures pour tracer le tableau de leurs voyages. On raconta par la suite que les dieux, après les avoir instruits aux choses de la mer, leur avaient montré les voies du Couchant et leur avaient donné l’exemple de naviguer par delà les bouches mêmes de l'Océan. El de Byblos quitta le premier la Syrie : il conquit la Grèce et l'Egypte, la Sicile et la Libye, civilisa les aborigènes, fonda des villes de droite et de gauche. La Sidonienne Astarté vagua ensuite par la terre habitée, la tête parée des cornes d’un taureau. .. Melkarth acheva de découvrir et de soumettre les pays qui avaient échappé aux entreprises de ses prédécesseurs. Mille traditions locales, recueillies sur tous les points de la Méditerranée, subsistèrent jusqu’aux temps romains, pour attester aux peuples de fortune récente l’intensité de la vieille colonisation cananéenne. C’était à Cypre le culte d'un roi de

l'exode du culte

Byblos. Kinyras, le père d’Adônis ; c’était la fille d’un souverain de Sidon, Europe, enlevée par Zens métamorphosé en taureau, puis transférée aux rivages de la Crète; c’était Kadmos, dépêché à la recherche d’Europe, visitant Cypre, Rhodes, les Cyclades, avant de bâtir la Thèbes de Béotie, mourant enfin aux forêts d’Illyrie. Où les Phéniciens avaient posé le pied, l’audace de leurs opérations laissa dans l’esprit des indigènes une impression ineffaçable... Ils n’hésitaient pas à s’aventurer au large s’il le fallait, et ils se guidaient sur la Petite-Ourse : ils franchissaient ainsi de vastes espaces, sans apercevoir aucune terre, et ils ramenaient des voyages jadis longs et coûteux à n’être que des traversées assez courtes... La Méditerranée s’enveloppa peu à peu d’une ceinture presque ininterrompue de comptoirs et de citadelles phéniciennes. Aradiens ou Giblites, gens de Béryte, de Sidon et de Tyr, tous avaient leur marine et faisaient la course, dès avant la conquête égyptienne1. »

La première station que les Phéniciens rencontrèrent dans leurs voyages fut Pile de Cypre. A une distance relativement peu considérable de la côte, d’une beauté, d’une fertilité et d’une richesse étonnantes, l’île merveilleuse que les Grecs surnommaient « l’île embaumée ;) (èucoÔtjç) ou l’ile bienheureuse (r) p.axapta) devait rapidement exciter les convoitises des villes continentales. Ce furent les marins de Byblos qui y abordèrent les premiers. La région qu’ils explorèrent tout d’abord et où ils s'installèrent le plus fortement fut la partie méridionale de l’île. De cette époque sans doute date la fondation de Kition,

1 . Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique,

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