‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 32 sur 138 · tome II, p · texte numérisé non relu

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LE CULTE d’âDÔNIS-THAMMOUZ

d’Amathonte et de Paphos. Aussi, dans ces villes d’origine giblite, au milieu de cette nature ardente qui favorisait, plus encore que les pentes du Liban, l'éclosion de mythes voluptueux et doux, le culte d'Adônis et d’Astarté, sa déesse parèdre, prend rapidement un développement considérable. Amathonte et Paphos1 II, deviennent alors des villes saintes, dont la renommée se répand à travers le monde, et où s’édifient les innombrables temples de la déesse et du dieu, qui, par un syncrétisme remarquable, ne sont plus représentés que sous une seule image à la fois masculine et féminine. D’ailleurs, ici comme pour l’Égypte, nous voyons Pile de Cypre, dès l’origine, jouer un rôle dans les légendes d’Adonis. Le père d’Adonis, Kinyras, est un roi de cette ile, et c’est lui qui court le monde pour instaurer le culte du dieu. Mille traditions rattachent Cypre à Byblos. Outre l’histoire de Kinyras, on racontait que la rose, la fleur mystique née du sang d’Adônis, avait été apportée à Cypre par l’Astarté phénicienne. La rose est en effet une des (leurs les plus communes de Pile, et elle y possède une beauté spéciale. Aujourd'hui comme aux temps antiques, les jardins d’Amathonte font l’admiration des voyageurs. L'ile tout entière devint bientôt un vaste sanctuaire du dieu de Byblos ; les pèlerins y affluaient et y apportaient des offrandes d’un grand prix. Lorsque le christianisme commença à s’étendre, le culte s’émietta et subsista longtemps sous la forme de pratiques locales qui disparurent peu à peu, dans le cours des premiers siècles de Père chrétienne.

1 . Sur les sanctuaires d’Astarté à Paphos, voir Tacite, Histoires,

II, 3; Pausanias, IX, c. xli, § 2.

l’exode du culte

Tout en s’installant à Gypre, les Phéniciens exploraient des terres plus lointaines. Presque à la même époque, ils s’établissaient à Rhodes, qui devint très vite une de leurs plus florissantes colonies. Les mœurs, les coutumes, les cultes de la métropole s’y implantèrent profondément. Là encore, le mythe d’Adônis trouva une population prête à le recevoir et à le comprendre. C’est alors que se forma dans l’île la fameuse congrégation des ’Aôama<7Taî’, qui subsista fort longtemps, malgré les persécutions dont elle fut parfois l’objet. Dès lors, de ville en ville, d’ île en île, de contrée en contrée, le dieu voyage, assis à la proue des navires phéniciens. Avec eux, il remonte les côtes de l’Asie-Mineure, traverse l’Hellespont1 2 et la Propontide, pénètre dans le Pont-Euxin et en explore les rivages. Avec eux, il visite l’Archipel, s’arrête à Lesbos, où Alcée et Sapphôle connaissent et le chantent3 4, aborde à Cythère où les matelots phéniciens élèvent à l’Astoreth nationale le temple célèbre où viendra bientôt s’abriter l’Aphrodite grecque. Avec eux enfin, il entre dans les ports du Péloponèse et pénètre dans l’intérieur des terres. Nous le retrouvons à Argos‘, puis à Athènes5.

A cette époque, la mythologie grecque était encore informe, sans contours- arrêtés, sans idées nettement définies. Elle était donc susceptible d’accueillir des mythes étrangers et de les introduire, modifiés ou non, dans son

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