Pausanias, ’'E>.ÀaSo? llzpirwr1^, IX, c. xxix
LE CELTE d’aDÔNIS-TRAMMOUZ
même dire, d'une façon générale, que tous les héros morts dans la fleur de l'âge, ont été, chez les Grecs, l’objet d’un culte plus ou moins précis: Achille, mort en pleine jeunesse, et qu’on peut aussi rapprocher de certains personnages mythiques, était pleuré par les femmes d’Olympie, comme Thammouz était pleuré par les femmes de Byblos et de Jérusalem. A un jour fixé, et au moment du coucher du soleil — détail caractéristique qui révèle immédiatement une analogie avec Adonis et un symbole solaire — , les femmes d’Olympie pleuraient sur Achille, en se frappant la poitrine et en appelant le héros’. Les chants funèbres composés pour ces circonstances prirent bientôt le nom même du héros, et nous trouvons déjà dans Homère le tableau d’un enfant qui, au milieu des travaux de la moisson, chante un « beau linos », xàXov XôvovL
Dionysos lui-même, par de nombreux traits de son histoire, par le caractère même de sa divinité, se rapproche étroitement d’Adônis. Il a, comme Adonis, sa passion et sa mort tragique. Comme lui aussi, il est le symbole des fruits de la terre et de l’action solaire. Il est d’ailleurs, comme Ivinyras, mêlé étroitement au mythe d’Adônis. Le poète Phanoclès le représente ravissant Adonis : « Dionysos, qui aime les montagnes, comme il passait à Cypre, vit le bel Adonis et l’enleva. » Plutarque, qui cite ces vers de Phanoclès, est pins catégorique encore, et affirme, d’après le témoignage des fables poétiques elles-mêmes et la similitude des cérémonies des deuxcultes, l’identification absolue
1 . Voir à ce sujet Philippe Berger, Les Origines orientales de la mythologie grecque ( Reçue des Deux-Mondes du 15 novembre 1896).