Homère, Iliude , XVIII, v
l’exode du culte
de Dionysos et d’Adônis : « On dit que le bel Adonis fut tué par un sanglier, et que cet Adonis n’est pas autre chose que Dionysos lui-même. C’est là une chose confirmée par la similitude des cérémonies qui s’accomplissent au cours des sacrifices del’une et de l’autre de ces divinités. D’autres disent encore qu’Adônis était le favori de Dionysos’. »
Dans une peinture murale que nous signalons plus loin1 2, Adonis est représenté en Dionysos. Bellori, qui reproduit cette peinture ancienne3 4, rapporte à ce sujet ce vers d’Ausone : « Je suis Bacchus chez les vivants, Adonis chez les morts*. » On considérait donc Adonis comme la forme infernale et funéraire de Dionysos. Voici d’ailleurs, du même auteur, une autre épigramme qui indique, plus largement encore, l’étroite similitude morale qui unissait Adonis à Dionysos et au panthéon antique :
« Ogygie m’appelle Bacchus; l’Egypte me désigne sous le nom d'Osiris;... l’Inde sous celui de Dionysos, Rome sous celui de Liber, l’Arabie sous celui d’ Adonis5. »...
Ainsi, dès les commencements de la mythologie hellénique, Adonis, sous son nom primitif ou sous des noms dérivés, se trouve installé en Grèce, mêlé aux coutumes religieuses du peuple, déjà intronisé dans l’Olympe. Désormais, il fait partie des divinités nationales, il a sa place parmi elles, place peu considérable sans doute, mais qu’il occupera avec d’autant plus de persistance que ses fêtes deviennent plus universelles et plus éclatantes.