‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 41 sur 138 · Renan, 'Mission de Phénicie , p · texte numérisé non relu

Renan, 'Mission de Phénicie , p

LA. SYMBOLIQUE DU MYTHE ET DU CULTE

en croire Renan, il faudrait donc renoncer à identifier Adonis et Thammouz. Le premier représenterait ce dieu suprême qui a suivi les migrations sémitiques et qui est devenu Adonai chez les Hébreux, El ou Adôn à Byblos ; le second au contraire serait une divinité locale et sédentaire, non pas syrienne, mais spécialement libaniote, dont les pratiques religieuses se seraient confondues avec celles d’Adônis. Il y aurait donc là non seulement deux divinités distinctes, mais deux courants mythiques et même ethniques, et en somme la fusion, à. Byblos, d’un culte étranger et d’un culte indigène. Il est regrettable que cette opinion de Renan, qui se trouve en contradiction avec l’opinion générale des historiens et avec les textes les plus sûrs et les plus anciens qui puissent nous éclairer, ne soit pas présentée avec les arguments qui ont dû la faire adopter par Renan, et qui pourraient la justifier. Renan lui-même avoue en effet qu’il ne se base guère que sur une impression, car il ajoute, en continuant sa pensée : « Le charme infini de la nature du Liban y conduit sans cesse à la pensée de la mort, conçue non comme cruelle, mais comme une sorte d’attrait dangereux où l’on se laisse aller et où l’on s’endort. Les émotions religieuses y flottent ainsi entre la volupté, le sommeil et les larmes. Encore aujourd’hui, les hymnes syriaques que j’ai entendu chanter en l’honneur de la Vierge, sont une sorte de soupir larmoyant, un sanglot étrange 1 . » Le culte de Thammouz semble ainsi, aux yeux de Renan, être le fruit naturel de ce pays, dont la nature est en parfaite harmonie avec les idées et les pratiques religieuses qui

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