‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 42 sur 138 · Renan, Mission de Phénicie, p · texte numérisé non relu

Renan, Mission de Phénicie, p

LE CULTE d’aDÔNIS-THAMMOUZ

s’y sont développées. Mais cette impression — puisqu’il n’y a là qu’une impression — ne semble confirmée ni par les textes ni par les découvertes historiques. Saint Jérôme, assez bien placé pour juger de la question, et à une époque où subsistaient encore en Phénicie mille documents perdus depuis, atteste sans hésitation, dans une lettre à saint Paulin, en 396, l’identification d’ Adonis et de Thammouz1 2. Le même auteur, dans ses Commentaires , écrit ceci : « Quem nos Adonidem interpretati sumus, et Hebræus et Syrus Thamuz vocat. — Celui que nous appelons Adonis, et que les Hébreux et les Syriens appellent Thamuz. »* D’autre part, si l’on admet que le culte de Thammouz est un culte spécialement libaniote, comment expliquer le récit des livres Sabéens relatif à ce Thammuz qui fut pleuré par les dieux réunis dans le temple du Soleil, à Babylone? Il faut rappeler aussi le mythe d'Ishtar, la déesse chaldéenne, dont le dieu parèdre se nomme Doumouzi, nom qui s’apparente étroitement à celui de Thammouz, de même que les deux mythes se joignent et se confondent 3. Il faut songer encore à la légende mythique, venue d’Egypte, à une époque postérieure, et qui faisait du pilote Thamus le héros d’une aventure divine. Il serait aisé de multiplier les textes et les preuves de toutes sortes qui infirment l’opinion de Renan. Mais, outre la claire signification du nom d’Adôn, qui détermine nettement la valeur conventionnelle de ce terme, la

1. Voir plus haut, p. 36, le texte très catégorique de saint Jérôme.

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