S. Hieronym., Comment, in Ezech
3. Sur les rapports de Thammouz et de Doumouzi, voir François Lenormant, Socra il mito d'Adone Tammuz (Extrait des Actes du Congrès des Orientalistes, réuni à Florence, 1878).
La symbolique dü mythe et du culte
seule impossibilité de reconstituer la physionomie et le caractère de cette prétendue divinité, alors qu’on est parvenu à déterminer d’une façon assez exacte la nature des autres divinités contemporaines, suffirait à écarter l’hypothèse de Renan, sinon comme erronée, du moins comme absolument gratuite. En effet, si cet Adôn ou Adônaï a été un dieu distinct, d’une physionomie et d’une action tout à fait spéciales, il doit être possible de retrouver, si vagues et si rares soient-ils, quelques linéaments de son culte, quelques vestiges distinctifs des pratiques religieuses qui marquaient ses cérémonies. Or, rien dans ce sens n’a jamais été révélé, ni par les fouilles archéologiques, ni par les textes. Dès l’origine, nous trouvons ce nom d’Adônis appliqué à divers dieux comme un terme de respect et d’adoration, appliqué même à des rois pour marquer la suprématie de leur rang. Rien ne rappelle une divinité spéciale, et si plus tard le Thammouz giblite n’a été désigné et adoré la plupart du temps que sous cette seule dénomination, ce n’est qu’un effet naturel de la suprématie que son culte avait conquise. En le désignant sous le nom général d’Adônis, il ne pouvait y avoir méprise : à travers cette invocation de « mon seigneur », les fidèles savaient fort bien à quelle divinité allaient leurs prières ; et d’ailleurs, le nom même de Thammouz ne disparaît qu’à une époque très postérieure au grand développement du culte de Byblos, au moment même où le dieu prend dans la mythologie grecque la physionomie du jeune héros dont la légende nous est restée. Il faut donc, semble-t-il, en revenir à l’identification absolue d’Adônis et de Thammouz. Ce dieu migrateur venu avec les races cananéennes du fond de la Chaldée, ce n’est pas l’Adônaï
LE CULTE d’aDÔNIS-THAMMOUZ
auquel Renan donne une existence spéciale, c'est le Thaminouz babylonien, dont la présence et le rôle dans le mythe d'Ishtarsuffisentà prouverles origines chaldéennes.
Antérieurement à Renan, et par des considérations différentes, Chwolsohn1 et Corsini* sont aussi parvenus à séparer Adonis de Thammouz. Mais la presque unanimité des historiens, Sainte-Croix, Silvestre de Sacy, Movers, Creuzer, Maury, Jules Soury, Lenormant, etc., s’appuyant sur des textes précis et sûrs, ont définitivement démontré que ces deux noms doivent être attribués à une même divinité, comme les autres dénominations que nous avons eu à signaler : Aoos, Luchnos, Abobas, Hadad-Rimmon, etc. D’ailleurs, Renan lui-même, dans un autre passage de sa Mission de Phénicie , avoue que les raisons qui portent à identifier Adonis et Thammouz sont fort sérieuses. C’est incontestablement à l’identification la plus absolue qu’il faut revenir. Ce qui a pu porter Renan à des conclusions différentes, c’est sans doute l’opposition qui semble se manifester entre les usages et les mœurs du culte libaniote de Thammouz et ceux du culte d’Adônis dans les pays voisins. « Mais, dit Jules Soury, répondant ce qu’il appelle les répugnances de Renan, c’est le cas de ne point juger les vieilles religions de l’humanité avec nos raffinements de moralistes modernes. D’ailleurs les dernières découvertes dans le domaine de l’assyriologie ne permettent plus de douter que Tammouz, qui donna son nom à un des mois du calendrier commun aux Assyro-Babyloniens, aux Syriens et aux Juifs, ne soit le nom accadien ou protochaldéen d’Adônis. La signification primitive de son