‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 48 sur 138 · Macrobe, Saturn., I · texte numérisé non relu

Macrobe, Saturn., I

LA SYMBOLIQUE 1)U MYTHE ET DU CULTE

poussent en quelques jours et se fanent avec la même rapidité sont l’image du dieu mourant dans le resplendissement de sa jeunesse. Le soleil parcourt les signes inférieurs du Zodiaque, et Adonis abandonne Aphrodite pour aller passer les mois d’hiver auprès de Perséphone. Adonis meurt, blessé par le sanglier, privé de sa force virile, et les prêtres se châtrent pour perpétuer l’image du dieu dépouillé de son action créatrice. Cette pratique de la castration paraît d’ailleurs avoir été fort répandue dans les religions antiques de l’Orient, et elle s’est perpétuée jusqu’à nos jours, dans l’Inde par exemple et dans quelques régions de l’Asie Centrale. Les anciens écrivains, même les écrivains grecs, ne semblent pas s’ètre étonnés beaucoup de cette coutume. C'est qu’en effet elle était presque inévitablement inhérente aux mythes solaires, et les prêtres d’Atys et d’Adônis, en se dépouillant de leur virilité, offraient ainsi aux foules l’image sanglante, d’un réalisme ardent et barbare, de leur dieu privé de sa force fécondante.

L’auteur du De Deci Syria nous a transmis une longue et minutieuse description de ces fêtes sanglantes où, dans une exaltation mystique toujours croissante, ce n’étaient pas seulement les prêtres, mais aussi un grand nombre de spectateurs fanatisés, qui se châtraient et se consacraient à la divinité androgyne, mâle et femelle, Adônis-Astarté La légende d’Adônis, malgré les altérations qu’elle a subies, a d’ailleurs gardé des traces évidentes de cette conception du mythe. Le sanglier frappe et blesse Adonis aux parties génitales, car la cuisse n’est

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