‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 59 sur 138 · Théocrite, Idylles , XV, v · texte numérisé non relu

Théocrite, Idylles , XV, v

2, Macrobe, Satiirnalia, I, 21; Cyrill. Alexandr., tome II, p. 275.

LE RÔLE HISTORIQUE DES ADÔNIES

ment une fête de l’année, qui commençait avec le deuil à la fin de l’an et se terminait dans l’allégresse au début de l’année nouvelle, où l’idée de la mort et de la résurrection du dieu du soleil donnait lieu au deuil et à la joie1. » Movers a condensé avec beaucoup de précision et de logique les témoignages et les preuves morales que l'on peut alléguer pour démontrer soit l’existence d’une fête d’Adônis au printemps, soit celle d une autre fête à l’automne. Faut-il en conclure, comme il le fait lui-même, qu’ Adonis était célébré deux fois, à deux époques distinctes de l’année, en deux fêtes de cérémonies et de conceptions différentes ? Nous ne le pensons pas.

En réalité, si l’on examine avec quelque attention la signification symbolique du mythe d’Adônis, on en vient vite à se convaincre qu’elle peut évoquer soit l’idée de la mort du printemps sous les ardeurs brûlantes de l’été, soit celle de la mort de l’été et des fruits de la terre dans l’âpreté de l’hiver. Quant au sens purement calendaire, auquel Movers semble donner tant d’importance, il semble plus juste de penser qu’il a été juxtaposé, à une époque postérieure, à l’une des deux idées précédentes. Il est hors de doute, si l’on prend pour témoignages les fêtes d’Athènes et les textes de Platon, de Théophraste, de saint Jérôme et de tant d’autres, qu’une partie du monde ancien a considéré Adonis comme la personnification même du printemps. Jeune et beau, présidant à l’éclosion des semences, à l’épanouissement de la vie, victorieux des ombres qui le retenaient dans les domaines souterrains, Adonis représente bien le printemps sous sa forme la

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