‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 66 sur 138 · De Dea Syria · texte numérisé non relu

De Dea Syria

LES FÊTES d'aDÔNIS-THAMMOÜ/

l'image d’Adônis, suivie d’un immense cortège de pleureuses, de prêtres et de fidèles, vers le lieu de sa sépulture. C’était, d’ordinaire, un caveau souterrain ou une sorte de grotte : on y déposait le dieu, au milieu des lamentations de la foule, et l'on en refermait l’entrée. Cette image du dieu, à laquelle on rendait les mêmes devoirs qu'à un cadavre, était le plus souvent une statue en bois, comme en témoigne ce passage d’Ammien- Marcellin : « Des cadavres simulés par des statues de bois, peintes avec soin, de sorte qu’elles ressemblaient à des corps ensevelis1 2... » Sur cette statue, on avait marqué et on montrait aux assistants la blessure du dieu : « On montre aux assistants le meurtrier et la blessure s. » On représentait, près du cadavre, le sanglier meurtrier d’Adônis: «C’est Mars, en effet, qui, sous la figure et l’apparence d’un sanglier, a frappé le jeune dieu 3. » Cette statue de bois était lavée et parfumée, comme un cadavre. On répandait sur elle des parfums et des aromates, on l’enveloppait de linges fins et de bandelettes de laine.

En réalité, tous ces soins donnés à l’image d’Adônis n’avaient pas seulement pour but d’honorer le jeune dieu mort : il y avait là aussi un souvenir des soins que la Baalath éplorée avait, disait la légende, prodigués à Adonis blessé. On ornait le cercueil d’Adônis d’anémones et de roses, parce que ces fleurs étaient mêlées au récit tragique de sa mort et qu’elles étaient, disait-on, nées de

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