‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 68 sur 138 · Ammien-Marcellin, Hist., XIX · texte numérisé non relu

Ammien-Marcellin, Hist., XIX

LA CÉLÉBRATION B ES ADONIES

Dans les cérémonies funéraires, on répétait la lamentable plainte qui, à l’origine, ne pouvait s’adresser qu’à Adonis, l’appellation de « frère et sœur », de « dieu et déesse », qui ne convenait qu’au dieu androgyne, confondu avec sa Baalath : « Hélas! mon frère; hélas! ma sœur; hélas! mon seigneur; hélas! ma seigneurie! » criait-on dans les Adônies. C’est avec la même lamentation que se célébraient les fêtes funèbres des Hébreux et des autres peuples de la Syro-Phénicie : « C’est pourquoi, dit Jérémie, voici ce que dit le Seigneur à Joachim, fils de Josias, roi de Juda : Ils ne le pleureront point, en disant : Ah! frère malheureux ! Ah ! sœur malheureuse! Ils ne le plaindront point en criant : Ah! prince déplorable! Ah! grandeur bientôt finie1 ! »

Ainsi fêté par sept jours de lamentations et de deuil public, le dieu Adonis, descendu au tombeau, en sortait, le jour suivant, pour être l’objet d’une seconde fête, mais celle-ci toute de joie et de triomphe. Le matin du huitième jour, les femmes de Byblos se rendaient sur le port et venaient y recueillir la tête de papyrus jetée dans la mer à Alexandrie et qu’un courant avait poussée jusqu’à Byblos. C’était un souvenir fidèle de la légende d’Osiris dont le culte s’était rapidement mêlé à celui d’Adônis. üsiris, par la trahison de Typhon, avait été enfermé dans un coffre de bois; et ce cofïre, jeté dans le Nil et entraîné jusqu’à la mer, avait, après une navigation de huit jours, abordé à Byblos, où, miraculeusement conservé dans le tronc même d’un tamaris, il avait été retrouvé par Isis2.

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