Voir Plutarque, De Iside et Oriside
LES FÊTES d’aDÔNIS-THAMMOUZ
En mémoire de cet événement, les femmes d Alexandrie jetaient à la mer une tête de papyrus, symbole du dieu, et cette tète venait aborder à Byblos, où on la recueillait avec vénération et où elle devenait l’image du dieu retrouvé, de l’Adonis ressuscité1 2. Cette cérémonie, dans laquelle Adonis et Osiris avaient tous deux leur part d’honneurs, avait fait croire à une partie de la population de Byblos que leur Adonis n’était autre chose que l’Osiris égyptien. C’est ce qu’explique l’auteur du De Dea Syria : « Quelques habitants de Byblos, dit-il, prétendent que l’Osiris égyptien est enseveli chez eux, et que le deuil et les orgies ne se célèbrent point en l’honneur d’Adônis, mais que tout cela s’accomplit en mémoire d’Osiris. Je vais dire comment ils semblent avoir raison. Tous les ans, il vient d'Egypte à Byblos une tête qui nage sur les flots pendant sept jours. » L’arrivée de cette tète à Byblos y marquait le commencement de la fête de joie. De même qu’à l’époque du deuil, les femmes, en se rencontrant, s’étaient demandé les unes aux autres où était caché Adonis, de même maintenant elles s’abordaient en s’annonçant la résurrection du dieu, coutume qui s’est conservée jusque dans les rites chrétiens, puisque, au jour de Pâques, c’était par une parole toute semblable : « Besurrexit Dominus! » que se saluaient les fidèles. On disait qu’Adônis était ressuscité et qu’il revivait : « Le jour suivant, ils racontent qu’il est vivant et ils le placent dans le ciel *. » Saint Jérôme dit de même : « Ils célèbrent chaque année sa fête commémorative, au cours de laquelle les femmes
1. De Dea Syria, 7. Voir aussi Cyrill. Alexand., Comment, in Isaïam; Procop. Gaz., ad Isaïam, cap. n.