De Dea Syria
LA CÉLÉBRATION DES ADÔNIF.S
le pleurent comme mort et ensuite le chantent et le glorifient comme ressuscité1. » Alors, autant le deuil avait été bruyant, autant la joie l’était à son tour. La foule célébrait la victoire de son dieu sur les ombres, et chantait des hymnes en son honneur. Ainsi se complétait le symbole solaire, image de toute la révolution astronomique de l’année, La mort d’Adônis avait été la figure de la mort de l’astre, car, chez les anciens, la disparition du soleil était regardée comme sa mort. A leurs yeux, les éclipses n’étaient autre chose que la mort môme du soleil : « Le soleil du ciel mourut, » dit Homère 2. En sortant du tombeau, Adonis ramenait donc avec lui la lumière et la chaleur, sources de toute vie, et c’était ce principe de fécondité et d’amour que la population de Byblos adorait en lui. Les réjouissances et les fêtes orgiastiques ne connaissaient plus de limites, et dans cette journée d’ardente joie, où se retrouvaient toutes les formes de la volupté, c’était la fête même de la vie qui se déroulait. Cette sorte de « dies natalis solis invicti » marquait ainsi l’exaltation suprême de la fête, en même temps que sa fin.
Telles étaient, dans leur ensemble, les Adônies de Byblos, ainsi que nous les montrent les textes anciens. C’était aussi par des cérémonies semblables, avec quelques variations de détails, qu’elles étaient célébrées en Cypre, à Antioche et dans toute la Syrie. Pour trouver des modifications plus importantes, il faut pénétrer jusqu’en Grèce.
A Lesbos, à Cythère et dans la plupart des îles grecques, à Argos, à Corinthe, à Athènes, et dans beaucoup d’autres
1. Saint Jérôme, Commentaire sur Ésèchiel (liv. VIII, 14), livre III