‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 77 sur 138 · Plutarque, Alcibiade, 18; Nicias · texte numérisé non relu

Plutarque, Alcibiade, 18; Nicias

LES FÊTES d’aDÔNIS-THAMMOUZ

flûtes funèbres, et chantaient des hymnes en l’honneur du dieu mort. Aristophane a pittoresquement dépeint, dans quelques vers de Lysislrata , ces cris assourdissants, ces plaintes des femmes, et la liberté de mœurs qui régnait dans ces fêtes :

« Le train que font ici les femmes, et le bruit des tambours, s’entendent de toutes parts. Il semble qu'on célèbre de continuelles bacchanales ou les folles lamentations des fêtes d’ Adonis. J’en ai été troublé au milieu de la harangue qu’on prononçait dans l’assemblée générale. Démostrate, digne en vérité du dernier supplice, disait qu’il fallait envoyer des vaisseaux en Sicile ; et sa femme en dansant s’écrie : Ai , Aï, Adonis ! Ce Démostrate ajoutait qu’il fallait tirer de Zacynthe des hoplites; et sa femme, pleine de vin, répète du haut de sa maison : Pleurez Adonis ! Et, pendant ce temps, l’impie et scélérat Cholozyge en abusait indécemment. Telles sont pourtant les chansons obscènes des femmes' . »

Ces lamentations des femmes — xotcto’c yuvaixtév — se prolongeaient pendant les jours de deuil, jusqu’au moment où avaient lieu les funérailles solennelles du dieu. Ces funérailles, ainsi qu’à Byblos, se faisaient en grande pompe, au milieu d’un immense concours de pleureuses et de musiciennes. Les sons grêles de la flûte phénicienne y accompagnaient la marche du cortège. On y accomplissait toutes les cérémonies propres aux funérailles. Dans ce jour de deuil, qui recevait le nom de x.aGéÔpa,on faisait la toilette funèbre d’Adônis, on recouvrait sa statue d’ornements précieux, eton l’exposait sur un lit — /.Xtvr] — .

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