Aristophane, Li/sistrula, v
LA CÉLÉBRATION DES ADÔNIES
Ce moment du deuil s’appelait -rcpôGscriç, exposition. C elait pendant l" exposition que se chantaient les àâomôia ou chants funèbres en l’honneur d’Adônis. Les femmes étaient rangées autour du catafalque et psalmodiaient des sortes de thrènes, en tenant dans leurs mains les bandelettes de deuil, ou xaivîa. Venait ensuite le transport — éxipo pà. Après les libations et les sacrifices prescrits, on emportait l image du dieu, suivie de femmes en pleurs, sans ceintures, la robe flottante, les cheveux épars, qui se frappaient la poitrine et exprimaient, par des gestes désordonnés, le plus violent désespoir. Mais, au lieu d’enfermer la statue divine dans un tombeau, comme c’était la coutume à Byblos, on la précipitait dans une fontaine, et avec elle toutes les statuettes analogues de cire et de terre cuite, ainsi que les tessons et les vases des jardins d’Adônis1.
Ainsi se terminaient les Adônies d’Athènes. Quelles que soient les présomptions que l’on puisse tirer des Adônies de Byblos et d’Alexandrie, rien ne nous permet d’affirmer que la fête de deuil était, à Athènes, suivie ou précédée d’une fête de joie. Les textes sont unanimes à nous représenter ces fêtes comme une sorte de deuil public, dont la tristesse écrasait d’un présage malheureux les entreprises ou les événements qui coïncidaient avec elles2 ; mais rien ne nous laisse entrevoir qu’une fête de joie venait, comme à Byblos, s’opposer aux démonstrations douloureuses des premiers jours. D’autre part, Movers remarque avec assez de justesse que l’usage qui s’est établi dans le monde grec de célébrer des Adônies