‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 81 sur 138 · Bion, Idylles , I · texte numérisé non relu

Bion, Idylles , I

LA CKLEFf RATION DES ADÔNIES

Près de la mer stérile, et dès l’aube première,

Joyeuses et dansant en rond,

Chantez l’Enfant divin qui sort de l’Achérôn,

Vêtu de gloire et de lumière 1 !

Vers le soir de cette journée, un immense cortège de femmes, parmi lesquelles figuraient des femmes de la plus haute distinction, échevelées, les seins nus, sans ceintures, sans parures ni bijoux, accompagnaient le simulacre du dieu mort, que l’on transportait vers le mer et que l’on précipitait dans les flots. C’était là la dernière cérémonie de ces fêtes alexandrines, à la fois si éclatantes et si peu imprégnées de l’antique dogme chaldéen.

Image parfaite d’une civilisation qui ne comprenait plus que le culte de la beauté extérieure, les Adônies d’Alexandrie présentent un caractère de somptuosité et de faste moins barbare qu’en Phénicie, et plus excessif qu’à Athènes. Les croyances du peuple ne s’adressent plus qu’à des héros dénués de tout leur symbole primitif et à des déesses presque humaines. Les fidèles conversent avec leurs dieux comme avec des amis supérieurs ou d’une destinée plus heureuse ; on a oublié les cultes tragiques de l’Orient, les sacrifices sanglants de la Phénicie et des îles; tout est devenu souriant et superficiel, à l’image même d’une époque de scepticisme et d’ironie. Les antiques figures mythologiques se profilent encore confusément et plus effacées chaque jour, dans cette société composite, où se sont mêlées tant de races, de religions et de mœurs, mais elles n’apparaissent plus que comme des hochets sans âme et sans vie dont s’amuse l’imagination puérile des foules. De Byblos à Alexandrie,

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