‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 83 sur 138 · LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FÊTES D’ADONIS · texte numérisé non relu

LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FÊTES D’ADONIS

Pour déterminer d’une façon à la fois plus complète et plus précise le caractère des fêtes d’Adônis, il faut mesurer quelle place prépondérante y occupaient les diverses pratiques du culte phallique. Toute la symbolique religieuse de l’antiquité orientale, basée sur la divinisation des forces productrices de la vie, se résume et se dévoile dans ce culte suprême du phallus, adapté à tant de divinités différentes et consacré par tant de traditions primitives. Adonis, le dieu solaire etfécond, soudainement dépouillé de sa puissance génératrice, se rattachait trop étroitement à cet ordre de conceptions pour ne pas devenir, dans son symbole et dans ses fêtes, une des principales divinités phalliques. C’est en effet là le caractère essentiel de ses fêtes. Non seulement, comme beaucoup d’autres divinités, il devient l’objet de phallophories solennelles et de bruyantes processions ithyphalliques, mais encore il accueille, dans la célébration de ses fêtes, les pratiques plus spéciales de la castration et de la prostitution.

Comme la plupart des principales conceptions religieuses, le culte du phallus est commun à tous les peuples de l’Orient antique. Dans l’Inde même, le lingam de Siva est une conception identique. Dans la Chaldée et l’Assyrie, le phallus est considéré comme un symbole divin, et, en

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LES FÊTES u'aDÔNIS-THAMMOUZ

l’honneur du dieu Bel, on célèbre des orgies phalliques. Dès lors, dans toutes les régions de l’Asie Moyenne et de l’Asie Antérieure, le même usage s’établit. L’auteur du De Dea Syria raconte qu’à l’entrée du lemple d’Hiérapolis étaient dressés deux énomes phallus: « En outre, dit-il, on voit dans le vestibude deux énormes phallus avec cette inscription : « Ces phallus ont été élevés par moi, Baechus, en l’honneur de Junon, ma belle-mère.» Cette preuve (que le lemple est l’œuvre de Bacchus) me parait suffisante. Voici pourtant dans ce temple un autre objet consacré à Bacchus. Les Grecs lui dressent des phallus sur lesquels ils représentent de petits hommes de bois qui ont un gros membre : on les appelle névrospastes. On voit, en outre, dans l’enceinte du temple, à droite, un petit homme d'airain assis, qui a un membre énorme1. » Plus loin, le même auteur raconte que sur l’un des deux phallus des propylées, un homme monte deux fois par an et y demeure pendant sept jours.

Cet usage de glorifier une divinité en dressant devant ses temples d’immenses phallus, faits souvent de pierres précieuses, était répandu dans toute la Syro-Phénicie et sur les côtes d’Asie-Mineure. C’est l’image même du dieu puissant et fécond, source de vie, et Adonis n’eut longtemps d’autre symbole, comme Aphrodite n’eut longtemps d’autre expression matérielle que le cône de pierre ou de bois, auquel on ajouta plus tard une tète humaine. A Cypre, à Alexandrie, dans les îles grecques, on retrouve les mêmes coutumes, coutumes facilement explicables, si l'on songe à la tendance habituelle,

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