‹ Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antiqueChapitre 84 sur 138 · Üc Dca Syria, lb · texte numérisé non relu

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ADONIS ET APHRODITE Groupe de marbre du musée de Sofia

LE CULTE PHALLIQUE DANS LES FETES D’ADÔNIS iGi

commune à tous les peuples primitifs de l’Orient, de concrétiser les idées religieuses sous des images vivantes et précises. Chez eux, la conception dogmatique, l’abstraction divine se réalisaient en des expressions ordinairement empruntées à la nature et aux fonctions naturelles. De là cette universalité de l’image phallique comme symbole mystique de la puissance créatrice et de la fécondité solaire.

Le mythe d’Adônis est tout entier composé d’un enchaînement d’idées analogues. La naissance du dieu, sa mort, sa résurrection, les vicissitudes de sa destinée ne sont que les expressions poétiques d’un symbole immuable, dont la révolution solaire et les alternatives des saisons et des productions terrestres forment le fond essentiel. Tout le culte adonique se développe autour de cette idée centrale, comme les cérémonies religieuses elles-mêmes se déroulent autour du phallus. Pour perpétuer le souvenir du dieu privé de sa virilité, les prêtres se châtrent, et cet usage de la castration devient une des circonstances les plus expressives et les plus importantes des fêtes d’Adônis. Il ne faudrait pas d’ailleurs y voir une coutume spéciale au culte du dieu de Byblos. Dès les origines des mythes religieux de l’Asie Moyenne, nous la trouvons mêlée aux fêtes sanglantes de l’Assyrie, où déjà le culte de Doumouzi et d’Isthar avait pris le caractère farouche et cruel qu’il conservera à Byblos et dans toute l’Asie Antérieure.

Il est cependant assez difficile de déterminer l’origine de cet usage, et, s’il est aisé d’en comprendre la signification symbolique, il n’est guère possible de rattacher cette coutume à un ensemble de faits historiques et

LES FÊTES d’.ADÔNIS-THAMMOUZ

précis. Nous ne pouvons consulter que certaines traditions, assez vagues elles-mêmes. La plus curieuse est celle que rapporte l’auteur du De Dea Syria. D’après ce récit, une reine d’Assyrie, nommée Stratonice, avait eu un songe, dans lequel Héra lui avait ordonné de lui édifier un temple à Hiérapolis, en Syrie. Elle partit donc pour Hiérapolis, accompagnée d’un jeune courtisan, nommé Combabus, auquel son mari l’avait confiée. Combabus, redoutant qu’une absence prolongée n’éveillât la jalousie du roi, n’avait accepté cette mission qu’après s’être infligé le supplice de la castration, pour se mettre désormais à l’abri de toute accusation. Durant les trois années qui furent employées à la construction du temple, Stratonice s’éprit de Combabus, et le jeune courtisan fut accusé auprès du roi d’adultère avec la reine. Rappelé en toute hâte, Combabus se justifia aisément, puis retourna achever le temple d’Hiérapolis et y passa le reste de ses jours. La tradition ajoute que ses plus intimes amis allèrent se joindre à lui dans sa retraite, et, comme lui, se firent eunuques, pour le consoler en partageant sa douleur’. L’origine de cet usage ainsi exposée, l’auteur du De Dea Syria ajoute, pour expliquer l’habitude qu’avaient les Galles de porter des vêtements de femmes : « Une fois celte coutume introduite, elle s’est perpétuée, et tous les ans un assez grand nombre de jeunes gens se réduisent à l’état de femmes, soit pour consoler Combabus, soit pour faire plaisir à Héra. Dès qu’ils sont eunuques, ils ne portent plus d’habits d’hommes, mais des vêtements de femmes, et s’appliquent aux ouvrages

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